« Parle à ces ossements desséchés…Parle à l’Esprit »
Ézéchiel 37.4, 9
Vous connaissez peut-être des gens qui se trouvent dans une situation comparable à un « état de mort ». Ils sont comme exclus du monde des vivants : rejet de la part des autres ou refus personnel de fréquenter les autres. En rupture donc avec leurs attaches familiales ou sociales, ils se renferment dans leur retraite comme dans une tombe. Qui peut les « ramener à la vie » ?
Le peuple d’Israël a vécu cette expérience lors de sa captivité à Babylone, car leur pays a été saccagé et incendié. Dépossédés de leur patrimoine, éloignés de la ville sainte, Jérusalem, et surtout séparés du temple sacré, donc privés de culte, les rescapés disaient : Nos os sont desséchés ! Notre espérance s’est évanouie, notre vie est brisée (Ez 37.11).
Mais Dieu, en esprit, fit voir au prophète Ézéchiel qui vivait au milieu d’eux, une vallée remplie d’innombrables ossements humains « complètement secs ». Le prophète reçoit alors deux ordres venant du Seigneur. D’abord, il doit « prophétiser » sur ces ossements desséchés, pour leur annoncer la bonne nouvelle d’un renouveau ; ensuite, il doit s’adresser à l’Esprit (de Dieu), qui communique la vie et remet debout (37.4, 9).
Ainsi, le Seigneur avait décidé d’entreprendre, en deux phases successives, la « restauration » d’un peuple entièrement effondré. La première correspondait à un rapprochement des éléments éparpillés qui allaient retrouver leur place initiale, en vue de reconstituer l’unité originelle. Toutefois, il ne s’agit pas de reproduire ce qui est « ancien ». Car la deuxième phase, précisément, correspond à la manifestation d’une « vie nouvelle », selon l’Esprit.
L’apôtre Paul, dans sa lettre aux Romains, parlant de « la loi de l’Esprit qui donne la vie en Jésus-Christ », évoque le changement de style de vie qui en découle nécessairement. Il désigne cette réalité nouvelle et imposante en utilisant l’expression l’empire de l’Esprit, propageant la vie, par opposition à l’empire de la chair, qui définit l’ancien système marqué par la tyrannie du péché et de la mort (Rm 8.1, 4-9).
En ces temps de trouble, il est important de nous rappeler la permanence du dessein bienveillant de Dieu, à savoir : « tout réunir sou l’autorité d’un seul chef, Jésus-Christ, son Fils », en qui il avait prévu, dès avant la fondation du monde, de nous établir et de nous bénir (Ep 1.2-10). Il convient aussi de retenir l’actualité des deux ordres adressés autrefois à Ezéchiel : d’une part, témoigner de « la Bonne nouvelle de l’amour de Dieu » auprès de ceux qui sont désespérés, exclus ; de l’autre, intercéder ardemment en leur faveur par l’Esprit qui habite en nous, en vue de leur réintégration et de leur transformation (Rm 8.26, 27).
