Mot du pasteur – juillet 2026 – site Reconnexion !
Courage, lève-toi, il t’appelle
Mc 10.50
C’est assurément une nouvelle bouleversante : Dieu, par amour, s’approche de nous, pécheurs. En son Fils éternel fait chair, Jésus, il est venu à la recherche d’une humanité égarée, captive du péché et de la mort. Frère des hommes, il fait le bien où il passe : il défend les opprimés, nourrit les foules affamées, guérit les malades, ressuscite les morts.
Il arrive toutefois que Jésus, au lieu d’aller directement vers les miséreux, les attire jusqu’à lui. Ainsi, dans ce récit de la guérison de Bartimée (Mc 10.46-52), vous aurez remarqué qu’il ne s’est pas approché de ce mendiant, pourtant assis au bord du chemin par lequel il arrivait. Alors que le pauvre aveugle l’appelle à l’aide, il a plu à Jésus de lui manifester sa bienveillance en le faisant venir vers lui. Décision sans doute inattendue ! A vrai dire, qu’il vienne jusqu’à nous ou qu’il nous autorise à aller vers lui, nous ne saurions déterminer quel privilège est le plus grand.
Mais, concernant l’accueil réservé à Bartimée, bien des éléments concourent à mettre en valeur la décision de Jésus et à nous encourager. Dans son intervention, un détail intéressant retient d’abord notre attention. Nous voyons Jésus utiliser ceux-là mêmes qui voulaient empêcher l’aveugle de crier sa détresse. Il les envoie précisément auprès de ce mendiant de la grâce, comme messagers d’une bonne nouvelle : Confiance, lève-toi, il t’appelle. En outre, ce sont eux, ses oppresseurs l’instant d’avant, qui maintenant lui servent d’escorte jusqu’auprès du Seigneur plein de compassion. Quel renversement de situation !
Reconnaissons-le, la façon dont Dieu mène ses projets à leur aboutissement ne manque pas d’étonner. Nul ne s’oppose à sa volonté, rien n’entrave sa parole. L’Apôtre, lui-même retenu par des chaînes, dira malgré tout que la parole de Dieu n’est pas enchaînée, (2Tm 2.9). D’autres épreuves de sa vie témoignent que les embûches et les persécutions peuvent, au contraire, servir à la réalisation des desseins de Dieu. Ainsi, rappelez-vous, comment Silas et lui étaient attachés au fond d’une prison à Philippes (Ac 17.23-34). Or cette adversité, loin de les faire taire, fut pour eux l’occasion de rendre témoignage aux autres détenus et d’amener leur geôlier au salut.
Dans le passage biblique qui nous intéresse, remarquez ensuite comment l’action libératrice de la parole se manifeste chez Bartimée. Voyez l’enthousiasme qui l’envahit à l’écoute de l’annonce faite par les envoyés de Jésus : Confiance, lève-toi, il t’appelle. Alors, accueillant pleinement leur message, il jette son manteau, se lève d’un bond et vient vers Jésus (v.50). Par ce geste, Bartimée se montre prêt à commencer une nouvelle manière de vivre. Il se défait de ce qui pourrait le lier encore à son passé misérable et se tourne résolument vers le fils de David, pour s’attacher à lui et le suivre.
À l’origine de la réaction joyeuse de Bartimée, il y a donc l’obéissance de la foi. Jacques nous recommande de nous comporter ainsi, c’est-à-dire en « réalisateurs de la parole » ; alors nous connaîtrons, dit-il, le bonheur dans notre engagement spirituel (Jc 1.22, 5). Mais associée à la foi, l’espérance aussi accompagnait l’action de l’aveugle ; il attendait un réel changement de sa situation. Car le Seigneur élève les pauvres ! Pour un indigent tel que lui, être autorisé à aller vers le Seigneur signifiait qu’il était connu de lui et qu’il avait une dignité certaine à ses yeux.
Il t’appelle ! Voilà justement ce qui est déterminant dans le dessein divin. Appeler suppose faire un choix, prendre une décision : celle d’établir une relation intime avec celui qui est appelé. Autrement dit, il s’agit d’une communion, manifestation de son amour envers nous. Quand il nous appelle, il prend en considération notre existence entière. Au lieu de nous repousser à cause de nos souillures ou de nos infirmités, il nous attire à lui afin de nous en affranchir par son Fils ! Car dans son propre corps, celui-ci a porté nos péchés sur le bois, et nous a guéris par ses meurtrissures (1Pi 3.24).
De fait, l’aveugle Bartimée, ayant mis sa foi et son espérance dans l’appel qui lui a été adressé, est «sorti» de sa nuit. Il a contemplé celui qui est la lumière de la vie véritable. Or selon sa promesse, le Seigneur veut attirer à lui tous les humains (Jn 12.32). Oui, Dieu appelle à la communion de son Fils, Jésus-Christ (1 Co 1.9), nous tous qui sommes actuellement éprouvés de bien des manières. Mais au sein de cette grande tribulation, l’Église assistée par l’Esprit, est tendue vers son Seigneur, elle crie vers lui avec espérance.
Dans l’Apocalypse, c’est comme une «symphonie universelle» que résonne ce gémissement :
L’Esprit et l’Épouse disent : Viens !
Que celui qui entend dise : Viens !
Que celui qui a soif vienne,
Que celui qui le veut reçoive de l’eau vive gratuitement (Ap 22.17).
Nous relevons ici, d’une part des «supplications» au Seigneur. Mais, d’autre part, on croit discerner la réponse du rejeton, la postérité de David qui avait affirmé : Je viens bientôt (Ap 22.7, 12, 20). A présent, il appelle à venir vers «l’eau» qui communique la vie, et la vie en plénitude. Car la présence de cette eau est étroitement liée à ces réalités nouvelles et éternelles du «Paradis» préparé par le Père et le Fils.
Ainsi, tout est déjà prêt. Alors, confiance, mon frère, lève-toi, ma sœur, il t’appelle !
Maurice JEAN-CHARLES
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