Dieu nous a appelés par sa propre gloire et sa force agissante

L’apôtre Pierre a annoncé ce grand événement, dans sa deuxième lettre (2Pi 1.3), en soulignant la majesté de celui qui est à l’origine de notre vocation, et en nous révélant l’importance des privilèges qui s’y rattachent. Cela mérite d’en considérer quelques aspects intéressants.

En premier lieu, Pierre nous fait remarquer comment Dieu garantit parfaitement son intervention. Engageant pleinement sa personne et son honneur, il met en avant sa propre gloire et sa puissance (2Pi 1.3). Dès le commencement du monde, Dieu a montré, en effet, sa perfection et sa force, en faisant surgir la création du néant par sa seule Parole (Ge 1.1-31). Il a été capable d’appeler à l’existence ce qui n’existait pas (Rom 4.17).

L’Écriture nous révèle d’autre part que Dieu est souverain dans tous ses décrets. Rien ne l’empêche d’appeler à son service aussi bien des prophètes que des monarques, longtemps avant leur naissance (Es 45.1,3,4; 49.; Jé 1.5). Pour ce qui nous concerne, Paul déclare que le Seigneur nous a appelés selon son dessein (Rom 8.28). C’est-à-dire, qu’avant même de vous appeler à l’existence, Dieu avait déjà discerné quelle serait pour vous la meilleure façon de vivre et de le servir. Puis, au temps fixé par lui, il est venu en Jésus-Christ vous «arracher» aux ténèbres et à la mort. Il nous «revendique» comme un peuple qui lui appartient, alors que nous n’étions pas un peuple, mais des hommes et des femmes dispersés (1Pi 2.10).

Toutefois, ne considérez pas cette action souveraine comme arbitraire. Dieu vous manifeste plutôt sa «bienveillance ». Il vous donne la preuve qu’il vous a aimés le premier, et qu’il vous a choisis. Car par cet appel, conformément à son projet, il vous propose une sorte «d’alliance» : il veut vous associer à son œuvre et vous faire partager sa gloire. Ainsi, appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ (1Co 1.9), nous avons part à la nature divine (2Pi 1.4). C’est l’essence même de notre vocation chrétienne.

Enfin, il est opportun de rappeler ceci : sous le régime de la première alliance, ceux qui étaient appelés avaient, en retour, la liberté d’appeler Dieu. Le Seigneur lui-même les incitait à le faire. Combien de fois n’a-t-il pas dit-il : Invoque-moi, appelle-moi, avec la promesse d’une réponse certaine ! (voir Ps 50.15; Es 30.19b ; Jé 29.12 ; 33.3). Dans les temps présents ce privilège s’est élargi. Admis dans la famille de Dieu, nous recevons une identité nouvelle qui nous autorise à appeler Dieu en le nommant : Père. Tel est la grâce merveilleuse prodiguée par son immense amour !

Ce n’est pas banal! Le Seigneur attend pour vous faire grâce ! (Es 30.18)

Maurice JEAN-CHARLES

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