Sachez reconnaître ce qui vous est donné par grâce
En cette période de Pentecôte, il est bon de nous rappeler la présence indispensable et bienfaisante de l’Esprit Saint. Par des dons divers, il enrichit et embellit le corps du Christ dans son ensemble, prodiguant saveur, force et lumière à notre vie. Cependant, nous n’avons pas toujours conscience de ce qui nous est donné par grâce.
Il m’est arrivé d’observer, non sans émerveillement, le comportement d’un petit enfant qui commence à découvrir son propre corps. Demandez-lui, par exemple, de vous montrer son nez, ses yeux, ou ses oreilles, c’est avec joie et une certaine fierté non dissimulée qu’il s’empresse de le faire. En grandissant, il fera d’autres découvertes intéressantes concernant non plus son propre corps, mais les membres de sa famille. Eux aussi font partie de « ce qui lui a été donné » !
Et vous ? Où en êtes-vous dans la découverte des « dons de la grâce » que l’Esprit déverse en abondance sur tous ceux qui sont « fils de Dieu » (Ga 4.6) ? Rappelons-nous que Dieu, en livrant son propre Fils, nous a tout donné avec lui (Rm 8.32). L’Écriture témoigne également que de lui, le Père des lumières, descend tout don excellent, tout cadeau parfait (Jc 1.17). Pourtant, avouons-le, il peut nous arriver malgré tout d’éprouver quelque frustration et de nous demander avec inquiétude : « Ai-je bien reçu un don ? Comment puis-je le découvrir ? »
Certes, pour tout croyant, le discernement ou la reconnaissance des « dons spirituels » est un exercice délicat, mais il ne doit pas être négligé. Car en réalité, le désir de Dieu est que nous connaissions ce qui nous a été donné par grâce (1 Co 2.12) et surtout comment les utiliser à sa gloire (Ph 1.9-11). En vue de cela, l’Esprit lui-même agit efficacement. Il nous communique sagesse et révélation, et ouvre les yeux de notre coeur (Ep 1.17-20). Paul nous rappelle ces aspects importants de l’œuvre de l’Esprit Saint.
D’abord l’apôtre fait mention de la souveraineté de l’Esprit qui, dit-il, accorde à chacun des dons personnels divers, comme il le veut (1 Co 12.11). Ce n’est donc pas le croyant qui décide et choisit. Paul souligne également la gratuité de ces dons : ils nous sont octroyés par grâce (1 Co 2.11 ; 12.4). Ils ne dépendent donc pas de nos mérites et ne s’obtiennent pas par contrainte. Ils doivent être reçus avec douceur et humilité. Enfin, dans la découverte et l’usage des dons spirituels, Paul met en évidence un élément indispensable, l’amour. Il est le fruit de l’Esprit envoyé dans notre cœur. Sans lui, un donn’a aucune valeur (Ga 5.22 ; 1 Co 13).
En conséquence, l’apôtre nous enjoint à imiter Dieu qui donne par amour. Il nous enseigne à « faire grandir » les autres en mettant nos dons à leur service, au lieu de chercher à nous mettre en valeur. Aussi, Paul nous laisse-t-il deux recommandations majeures qui se complètent : aspirez aux dons les meilleurs (1 Co 12.31) et recherchez l’amour (1 Co 14.1). Si vous vous engagez dans cette voie par excellence, vous ne serez pas déçu (1 Co 12.31).
Maurice JEAN-CHARLES
