Reconnaissez la grandeur de notre Dieu
Avant de quitter ce monde, Moïse donnait plusieurs avertissements à un peuple que Dieu avait délivré par la puissance de sa droite et assisté miraculeusement pendant 40 années dans le désert. Mais ils étaient enclins à oublier les exploits de leur Libérateur. Habitués à « reconnaître » des limites à tout ce qui les environnait, ces Hébreux étaient portés à « rétrécir » la bonté et la fidélité divines, à « raccourcir » son bras. Ils raisonnaient ainsi : certes, le Seigneur a fait jaillir de l’eau du rocher, pourra-t-il aussi donner du pain ou fournir de la viande ? (Ps 78.20).
La recommandation que leur avait adressée Moïse : Reconnaissez la grandeur de Dieu (Dt 32.3), nous concerne également. L’Ecriture nous invite à être attentifs à la grandeur de Dieu qui se révèle soit à travers sa création, soit au milieu de son peuple racheté, soit en chacun de nous personnellement. Toujours et en tout lieu, le Seigneur de l’univers agit avec majesté, déployant une puissance considérable et manifestant un amour sans mesure à notre égard.
Cependant, s’appliquer à reconnaître la grandeur de notre Dieu n’est pas un simple exercice spirituel. Bien des passages bibliques laissent entendre sa complexité, car la grandeur de Dieu est insondable (145.3). Dans sa lettre aux Ephésiens, Paul fait allusion à ces dimensions infinies en employant les termes de longueur, largeur, hauteur et profondeur. D’après lui, « saisir » ces grandes réalités spirituelles nécessite certaines conditions. On ne peut s’y aventurer seul ; il est indispensable d’être solidement établi dans l’amour, d’entretenir une relation conséquente avec le Christ et avec tous les croyants, afin de parvenir à connaître l’amour du Christ (Ep 3.17-19).
Le propos de l’apôtre rappelle le message du psaume 103 concernant l’amour infini de Dieu. Il proclame en effet que les bontés de Dieu s’élèvent au-dessus des croyants autant les cieux s’élèvent au-dessus de la terre (v. 11) Les compassions de Dieu atteignent ainsi une envergure cosmique. Pouvez-vous apprécier cette magnificence ? Peut-être vous lamentez-vous comme David : mes fautes s’élèvent au-dessus de ma tête ; comme un pesant fardeau, elles sont trop pesantes pour moi (Ps 38.5). Mais d’après le psaume 103, c’est désormais la surabondance de la bienveillance divine qui « pèse » sur vous qui avez été pardonné ! Paul dira : là où le péché a foisonné, la grâce a surabondé (Rm 5.20). Saisissez donc pleinement cette grâce ! Elle est présente !
Ce pardon accordé révèle non seulement la bonté mais aussi la grandeur de la puissance de Dieu qui écarte nos péchés de nous aussi loin que l’orient est distant de l’occident (103.11, 12). En d’autres termes, cette intervention est telle qu’elle ne laisse aucune trace de vos transgressions ; Dieu ne s’en souvient plus, il a fait place nette, la rédemption qu’il assure est totale. (Es 44.22). Il y a quelque chose de vraiment inimaginable dans cette révélation. La première alliance évoquait cette grandiose réalité par un rite spécial lors de la fête du « grand pardon ». Symboliquement, un bouc était « chargé des péchés du peuple », ensuite il était chassé dans le désert (Lv 16.8).
D’autres passages des Écritures rappellent ce dessein de Dieu est d’extirper le mal de la création. Ainsi, à sa manière, le psaume 19 témoigne de l’action de la lumière qui éloigne les ténèbres (puissances hostiles). Par son parcours triomphal et généreux de l’orient à l’occident, le soleil accomplit sa mission d’éclairer la terre et de séparer le jour de la nuit (Ge 1.15-18). Rien n’échappe à son ardeur (Ps 19.7). Mais en fait, c’est par Jésus-Christ, soleil de justice, que nous reconnaissons pleinement la grandeur de la miséricorde divine. Il triomphe de nos péchés et de leurs conséquences, il affranchit l’humanité du pouvoir de Satan, auteur du mal. Souvenez-vous de cette parole puissante : Retire-toi, Satan ! (Mt 4.10). Or, par sa croix, il jette dehors le prince de ce monde, tandis qu’il attire tous les hommes à lui (Jn 12.31)
« Reconnaître la grandeur de Dieu » conduit normalement à proclamer son immense bonté (Ps 145.7) et à le louer selon l’immensité de sa grandeur (Ps 150.2). Paul fait remarquer que, malheureusement, les « païens » (ou les incroyants), qui ont un « aperçu » de cette grandeur, à travers la création, n’ont pas effectué cette démarche d’adoration. Ils ont préféré réserver leur hommage à des créatures ou à des ouvrages de leurs mains (Rm 1.18-25). Quant à nous, sœurs et frères, ne manquons pas d’abonder en action de grâce. Ne soyons pas avares dans ce domaine. Veillons à ce que le culte que nous rendons soit vraiment orienté vers le Seigneur grand par sa bonté et sa fidélité. Ne cédons pas à la tentation de rechercher d’abord ce qui nous fait plaisir, mais avant tout, ayons le souci de lui être agréables.
