Ayez foi en Dieu
Par cette brève recommandation, notre Seigneur veut attirer notre attention sur la nécessité d’entretenir une relation de confiance avec Dieu. Nous ne nous en rendons peut être pas toujours compte, mais nos relations avec les autres exigent un minimum de confiance. Si vous ne pouvez faire confiance à personne, vous vous enfermez dans un état morbide, engendré par la méfiance et la peur. Il vous est alors impossible d’expérimenter une vie normale. Pour avancer et progresser, entreprendre et construire, il vous faut prendre le risque de vous ouvrir aux autres, en leur accordant un certain « crédit » dans les communications et les échanges.
Or, sur le plan strictement humain, vous n’êtes pas en mesure d’étendre cette confiance à tout le monde et en toute circonstance. Mais en venant parmi nous, Jésus apporte une dimension nouvelle à nos relations en nous révélant « Quelqu’un » qui est digne de confiance d’une façon absolue. C’est Dieu, son Père, qu’il désigne aussi comme : votre Père céleste (Mc 11.25). Cette relation particulière est précieuse, salutaire. Il veut la cultiver soigneusement. L’Évangile nous fait découvrir plusieurs domaines de notre vie où la foi en Dieu trouve une application souveraine : la prière, le service et le combat.
Premièrement, c’est en parlant de la prière que Jésus fait cette recommandation lapidaire : Ayez foi en Dieu (Mc 11.22). D’après une note de la Nouvelle Bible Segond, cette parole peut être comprise ainsi : Ayez la foi de Dieu, ou encore : Attachez-vous à la fidélité de Dieu. En d’autres termes, pour être « agrée », votre prière doit être fondée sur ce que Dieu est, sur ce que Dieu dit. C’est la « fidélité » de sa Personne, et la « vérité » de sa Parole qui garantissent l’exaucement de vos requêtes. Ainsi, dans ce même passage, Jésus affirme : « C’est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et cela vous sera accordé » (Mc 11.24). Avec la même tonalité, la lettre aux Hébreux proclamera : « sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu, car celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le recherchent » (Hé 11.6).
Deuxièmement, avoir foi en Dieu est indispensable pour mener à bien tout service que nous accomplissons en vue de sa gloire. Les besognes quotidiennes les plus ordinaires, aussi bien que nos témoignages en paroles, sont des « offrandes » que nous présentons au Seigneur. Pour qu’elles reçoivent l’approbation divine, comme celle d’Abel (Hé 11.4), il importe de les lui apporter avec foi, en suivant ses directives. A ce sujet, Pierre aussi nous a laissé un exemple de comportement inspiré par la foi. A Jésus qui lui recommandait d’avancer en eau profonde pour jeter les filets, il réplique d’abord qu’il avait effectué ce geste en vain toute la nuit, puis il ajoute : mais sur ta parole, je jetterai les filets (Lc 5.5). Et la pêche fut « miraculeuse » ! De même, quoi que nous fassions, le Seigneur attend de nous cette obéissance de la foi, puisque nous travaillons sous son autorité.
Troisièmement, la foi en Dieu est essentielle dans les combats, les épreuves ou adversités qui ne manqueront pas de se manifester à nous. Souvenez-vous des disciples qui ont dû affronter une violente bourrasque sur la mer de Galilée. Leurs efforts étaient inefficaces, leur habileté anéantie. Mais Jésus, réveillé par eux, après avoir calmé la tempête d’un seul mot, leur dit : Où est votre foi (Lc 8.25) ? Dans l’évangile de Marc, la réprimande du Maître semble plus rude : Pourquoi avez-vous peur ? Vous n’avez pas encore de foi (4.40) ? Cette désapprobation de leur comportement signifie qu’ils auraient dû avoir la foi, puisque c’est le Seigneur lui-même qui leur avait ordonné de passer sur l’autre rive (Lc 8.22). Sa parole « garantissait » donc la réussite de leur traversée. Mais, comme l’indique le récit de Marc, les disciples, dépassés par les événements, ne se souvenaient plus de la parole qui aurait pu les rassurer et les sauver. Ils ont cédé à la panique…Qu’en est-il de moi ?
Avoir foi en Dieu, en sa Personne et en sa Parole, est donc impératif. Cependant, ce n’est pas une « opération » que je réalise par mes efforts personnels. Dans ces interventions qui ont été mentionnées et qui intéressent mon existence entière, ce qui est déterminant c’est l’autorité de la Personne de Dieu et la puissance de sa Parole ! Ainsi, Dieu lui-même s’est révélé à nous en son Fils, pour nous faire connaître sa bienveillance. C’est la Bonne nouvelle de son incomparable amour dont rien ne peut nous séparer (Rm 8.39) ! A présent, ce qui nous est demandé, à nous, ses enfants, c’est de nous adhérer fermement à la volonté du Père céleste, en lui faisant entièrement confiance. Autrement dit, il s’agit « d’activer » la foi qui vient de la Parole, et de demeurer attachés à la fidélité de Dieu. Il donne l’Esprit Saint à ceux qui lui obéissent (Ac 5.33). Je veux m’en souvenir !
Maurice JEAN-CHARLES
