Le Seigneur ressuscité nous ouvre un passage

Excellente nouvelle, tant attendue, qui nous fait lancer un joyeux Alléluia !

Voyez, en effet, quelle transition heureuse favorise ce passage nouveau, vivant et permanent. Dans un même mouvement, le Seigneur vous conduit vers une « sortie », puis vers une « entrée ». Il vous affranchit d’une situation affligeante pour vous donner accès à une condition prospère. Cette opération libératrice a sa source dans un fait prodigieux : l’événement de Pâques. Par la puissance de sa résurrection, Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, jugule les forces du mal et des ténèbres. D’une part, il vous fait traverser la mort, d’autre part, il vous rend capables d’entrer dans son royaume de lumière et d’hériter la vie éternelle.

Ne limitez pas, cependant, la portée de cette énergie extraordinaire à la seule espérance du ciel. Ses effets se manifestent déjà ici-bas, dans votre quotidien ; le Ressuscité vous rejoint dans les diverses épreuves et tentations qui affectent le temps présent. Car depuis que le premier homme a choisi un chemin « contraire » à celui de Dieu, il est devenu un être « contrarié » : tout s’oppose à lui. A sa suite, tous, nous rencontrons aussi des obstacles dans nos carrières et dans nos relations interpersonnelles. Les portes se ferment les unes après les autres, à commencer par celles du paradis, indiquant la douloureuse fermeture des cieux. Des murs se dressent au sein de nos familles, ainsi que dans notre société. Mais c’est aussi à travers ces impasses malaisées que le Ressuscité ouvre désormais un passage, en nous donnant sa paix.

Pour autant, nous n’en avons pas fini avec certaines adversités qui ne viennent pas toujours de l’extérieur.  Vous le savez fort bien, jusqu’à l’intérieur de soi-même, tout un chacun peut éprouver une grande « déchirure ». C’est le cas de celui qui, voulant faire le bien, se trouve « entravé » par sa chair qui l’entraîne au mal (Rm 7.19-23). Or, c’est souvent dans un tel contexte pénible et angoissant qu’un disciple est appelé à servir son Seigneur ressuscité. Handicapé et affaibli dans sa chair, meurtri dans son âme, il doit mener le « beau combat de la foi ». Le Fils de Dieu, rappelez-vous, a connu une terrible agonie et l’humiliation de la croix avant sa glorieuse résurrection. De même, pour tout croyant, la communion aux souffrances du Christ s’avère-t-elle inévitable, s’il veut expérimenter la puissance de la résurrection, (Ph 3.10).

De fait, cet engagement total dans la voie tracée par le Seigneur n’est pas sans solde ; les peines, les luttes et les souffrances associées au service du Maître ne sont pas vaines. L’amour infini du Père, juste et saint, qui a ressuscité son Fils, compense largement nos afflictions (Rm 8.18, 35-39). À tout moment, le chemin nouveau ouvert par celui qui est vivant à tout jamais, nous donne accès au trône divin, avec l’assurance d’être toujours secourus (Hé 8.1, 2 ; 10.19, 20). Là encore, Jésus lui-même nous en donne l’exemple, en se tournant sans cesse vers le Père qui donne la vie. Tous les serviteurs fidèles et pieux qui ont emprunté, eux aussi, cette voie royale, nous y encouragent. En chemin, ils ont su « boire au torrent », afin de relever la tête (Ps 110.7).

Sans aucun doute, la voie nouvelle inaugurée par Christ ressuscité mène à la gloire : la vie en plénitude ! Mais au-delà de tous les aspects positifs et admirables, nous contemplons un résultat merveilleux, inappréciable ; c’est le rapprochement de ce qui était éloigné. Oui, ce passage vivant « relie » ce qui était séparé, voire opposé ; le Ressuscité rassemble « en son corps » ceux qui étaient déchirés par la haine.  Ainsi s’annonce la magnifique aventure de l’Eglise, « une » et « indivisible », mais s’ouvrant toujours à la « diversité ».

Par-là, ce chemin de vie et de liberté est aussi celui de l’unité, de la réconciliation et de de la communion. Les barrières qui déterminaient le mépris, l’exclusion ou le rejet, sont abolies : les « cieux s’ouvrent » de nouveau, célébrant la réconciliation avec la terre, la communication est rétablie entre les « frères ennemis ». Dans le même temps, notre cœur, lamentablement partagé, est enfin « unifié », comme le désirait le psalmiste (Ps. 86.11), ainsi que tous ceux qui aspiraient à la guérison intérieure. Grâce soit rendue à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ! (1 Co 15.57, 58)

Maurice JEAN-CHARLES

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