Une joie perpétuelle !

Une joie qui dure, ce n’est certainement pas une joie « naturelle », car elle semble défier les contrariétés ordinaires. Pourtant, elle est propre aux fidèles du Seigneur, vivant ici-bas. Alors, vous vous demandez en quoi consiste cette joie, comment l’acquérir, et surtout comment la garder.
En premier lieu, sachez que le Seigneur lui-même nous « ordonne » d’être toujours joyeux. A plusieurs reprises, Paul fait mention de la recommandation : Soyez toujours joyeux (voir Rm 12.12 ; Ph 4.4 ; 1Th 5.16). Cette parole, est-elle seulement une « exigence » à laquelle le chrétien doit se soumettre par ses propres moyens ? Ne renfermerait-elle pas aussi une « bénédiction » qui nous rend capables d’être toujours joyeux ? Elle nous rappelle en effet cette affirmation de la Genèse où se côtoient une bénédiction et un ordre. Il y est écrit, au sujet des humains : Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là (Ge 1.28).
Mais alors, comment jouir constamment d’une situation vraiment heureuse dans un monde en détresse, incertain, en proie à tant de bouleversements ? Précisément, selon l’apôtre, la « permanence » de cette joie vient du fait qu’elle ne dépend pas des circonstances extérieures. Elle s’enracine dans le Seigneur (Ph 4.4). Le psalmiste disait déjà : La joie de notre cœur vient du Seigneur (Ps 33.21) ; ou encore : Qui regarde vers lui rayonne de joie (34.6). C’est la présence indéfectible du Seigneur ressuscité, vivant à tout jamais au milieu de nous, qui maintient notre joie à un niveau toujours satisfaisant. Peu de temps avant sa mort, Jésus avait promis à ses disciples : Je vous reverrai, alors votre cœur se réjouira, et personne ne vous enlèvera votre joie (Jn 16.22).
Cette joie dont le Seigneur est la source se manifeste dans tous les domaines de notre vie où Jésus ressuscité établit son règne. Ainsi, elle est présente dans l’assurance du pardon de nos péchés et de notre salut. Elle accompagne la proclamation de la victoire du Christ sur les forces du Mal. C’est encore cette joie qui communique la ferveur à notre espérance et nous rend persévérants dans les épreuves. Rappelons-nous comment Jésus confirme sa solide relation avec ses rachetés : Mes brebis, dit-il, moi, je les connais, et je leur donne la vie éternelle, elles ne seront jamais perdues et personne ne les ravira de ma main (Jn 10.27, 28).
Enfin, ces principaux aspects de notre joie sont couronnés par la certitude de l’amour gratuit de Dieu, dont rien ne pourra nous séparer (Rm 8.39). Nous sommes aimés de lui avant les temps éternels. Il continue de mettre son plaisir en nous, « gens de sa maison », ses enfants qu’il a adoptés. De sa propre volonté, écrit Jacques, il nous a engendrés par la parole de vérité, afin que nous soyons pour ainsi dire les prémices de ses créatures (Ja 1.18).Voilà pourquoi la joie qui vient de lui est une « joie qui demeure » !

Maurice JEAN-CHARLES

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