Nous sommes le peuple qu’il conduit, le troupeau guidé par sa main
Ps 95.7
Combien cette parole est encourageante au début d’une année nouvelle ! Ne le trouvez-vous as ? D’emblée, nous nous sentons entourés et portés par l’amour de notre «conducteur». En même temps, nous discernons le lien puissant qui unit tous ceux qui constituent «son peuple».
C’est un témoignage indéniable de la fidélité de Dieu qui, après avoir affranchi son peuple de toute servitude, le rassemble, marche à sa tête pour l’introduire dans le domaine de son Fils.
Dans toutes ces actions, vous aurez reconnu le visage du Bon berger. Être conduit et guidé par lui vous offre les meilleures garanties. Vous pouvez être assuré de ses soins constants tout au long de l’année et pendant toute la durée de votre marche vers l’héritage promis. Cependant, s’il a pris lui-même l’initiative de venir vous chercher et de vous accompagner vers cette heureuse destination, ne manquez pas de préparer son chemin, de lui ouvrir votre cœur enténébré peut-être. Il nous appelle tous. Un «jour nouveau» se lève. Allons à sa rencontre !
Cette démarche primordiale est indispensable ; elle consiste en un changement de mentalité et de comportement pour entrer dans des relations harmonieuses que le Seigneur nous offre. Car lui qui guide et conduit ne veut pas nous entraîner de force ; c’est avec des cordages d’amour qu’il attire son peuple (Os 2.16 ; 11.4). Par conséquent, notre consentement est requis au préalable, il importe ensuite de confirmer notre bonne volonté en restant ouvert, attentif à la présence du Seigneur. David disait : Je garde sans cesse le Seigneur devant moi (Ps 16.8).
En réponse à son appel, à sa visite, nous avons donc choisi de marcher dans la voie tracée par le Seigneur. Par là-même, nous nous sommes engagés à accomplir sa volonté et non nos propres pensées. En vue de cela, nous restons à son écoute, tendus vers lui, car c’est par sa parole qu’il nous indique la route à suivre, c’est par son Esprit qu’il dirige nos pas (Es 63.14). Autrefois, Dieu attirait l’attention de son peuple en déclarant : Moi, le Seigneur ton Dieu, je t’instruis pour ton profit, je te conduis sur la voie où tu marches. Oh, si tu étais attentif à mes commandements, ta paix serait comme un fleuve et ta justice comme les flots de la mer (Es 48.17).
Depuis Moïse jusqu’à Jésus-Christ, tous les prophètes ont ainsi exhorté le peuple de Dieu à ne pas fermer son cœur et à ne pas raidir la nuque en s’opposant à l’Esprit (Ps 95.8 ; Ac 7.51 ; Hé 3.12). C’est une allusion fréquente aux Hébreux qui maugréaient face aux circonstances précaires d’un «long et affreux désert». Mais l’Evangile nous encourage à aborder avec patience et humilité les événements qui bouleversent nos projets ou nos désirs (1 Co10.6-11). Car ces incidents sur notre route sont parfois porteurs d’enseignements ou d’avertissements salutaires. En fait, toutes choses sont au service du Seigneur de l’univers (Ps 119.91) qui fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment (Rm 8.28).
Par conséquent, chemin faisant, nous devrions plutôt nous réjouir toujours dans le Seigneur, avec la pleine espérance de contempler le glorieux visage du Père au terme de notre pèlerinage (1P 3.18). Or ce chemin c’est Jésus lui-même (Jn 14.6) : merveilleux chemin de vérité et de vie ! Il nous rappelle la Voie sacrée dont parlait le prophète Esaïe. Il disait que cette voie était réservée à ceux qui, longtemps captifs à Babylone, revenaient alors à Sion. Sous la conduite de leur libérateur, ils traversaient dans la jubilation et l’allégresse un désert parfaitement sécurisé, magnifiquement régénéré et abondamment irrigué (Es 35.8, 9 ; 55.12, 13).
Mais la grâce libératrice qui se révèle maintenant en Jésus-Christ est une réalité encore plus grande. Non seulement elle s’étend à toutes les nations, elle atteint aussi le Royaume éternel, héritage promis à ceux qui sont unis au Fils par la foi ! Voilà le peuple nouveau que Dieu a racheté du péché, arraché au pouvoir de la mort et rassemblé de tous les pays pour en faire sa Demeure. Tous les membres affiliés à ce peuple, en dépit de leurs différences, sont étroitement solidaires et interdépendants, marchant ensemble sous les directives d’un seul chef vers la Jérusalem céleste. Nous avons tellement besoin d’encouragement mutuel pour progresser dans la lumière de l’Esprit de vérité.
Enfin, il est important de ne jamais oublier la force de cette relation d’amour ni la permanence des décrets divins ; car nous sommes aussi un «petit troupeau». Or, en ces jours qui sont les derniers, nous voyons déferler autour de nous d’immenses vagues de contestation, d’impiété et de persécution… Le dernier segment du chemin à parcourir se révèle ardu, de plus en plus resserré : l’adversaire sait qu’il lui reste peu de temps. Toutefois, nous avançons d’un pas assuré en suivant les recommandations de notre berger fidèle et bon. C’est lui qui, cette année encore nous assistera régulièrement ; il illuminera constamment nos sentiers. Même s’il faut traverser la sombre vallée, le bonheur et la grâce nous «escorteront» sans relâche ! (Ps 23.6)
PASTEUR MAURICE JEAN-CHARLES
