Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs

Ecclésiaste 9.8

Les vêtements blancs sont habituellement recommandés dans des circonstances particulières. Mais, les solennités terminées, que fait-on de ces vêtements ? Dans le passage biblique qui a retenu notre attention, l’Ecclésiaste juge indispensable de les porter « en tout temps », et non occasionnellement. En quoi une telle injonction trouve-t-elle justification ?

Le « sage écrivain » semble rejoindre la pensée originelle de Dieu au sujet de l’homme, devenu un être vivant, après avoir reçu le souffle divin (Genèse 2.7). Selon l’Ecclésiaste, en nous donnant la vie, c’est à une fête continuelle que Dieu nous convie (Ecclésiaste 2.24 ; 3.12). En effet, Dieu lui-même s’est réjoui de toutes les œuvres qu’il avait accomplies (Genèse 1.31 ; Psaume 104.31) et a voulu partager sa joie avec les humains qu’il a créés à son image ; il les installe dans un jardin de délices (Genèse 1.27 ; 2.15-19). Ainsi, notre joie vient du créateur.

Mais, nous le savons, l’homme et la femme ont transgressé cette alliance « créationnelle » ; ils n’ont pas gardé la divine parole qui leur aurait permis de vivre et de prospérer continuellement. Ayant écouté de préférence la voix de l’Adversaire, ils firent alors le constat amer qu’ils étaient nus (Genèse 3.7). Du coup, la joyeuse fête s’interrompt pour faire place à la honte et à la peur, avec la mort comme nouvelle perspective. Le couple malheureux doit quitter le magnifique jardin, volontiers agrémenté et irrigué, pour une région aride.

C’est l’humanité entière qui a été ainsi atteinte par ce désastre. Nous mesurons tous, aujourd’hui, la nécessité d’être « vêtus », d’être « présentables » pour nous approcher de Dieu ou pour paraître devant nos semblables. Nous découvrons en même temps que la qualité des vêtements requis est soumise à certaines normes. Aux yeux de Dieu, ils doivent être d’une blancheur rigoureuse, c’est-à-dire conformes à la vérité et à l’amour, selon la justice et la sainteté de Dieu. Par conséquent, Dieu seul peut nous procurer de tels vêtements.

Or, si la sanction divine est sévère, si ses exigences sont strictes, sa colère ne dure pas à toujours, ses projets n’échouent jamais, son amour pour nous est éternel. Il manifeste donc sa grande miséricorde et sa puissance infinie en faveur de notre humanité pécheresse, en suscitant un « nouvel Adam » innocent et sans péché. C’est lui qui nous revêt des vêtements de la justice, afin de cacher la honte de notre nudité. En outre, il répand sur nous son Esprit Saint, réalisant ainsi la promesse du Seigneur d’être pour toujours avec nous, et faisant de nous des fils adoptifs, capables de marcher selon une vie nouvelle dans la sainteté.

Un passage remarquable de l’Evangile, révèle comment le « nouvel Adam », en la personne de Jésus-Christ, a communiqué aux misérables humains l’espérance d’une réjouissante transformation. Avant de donner sa vie sur une croix, Jésus a manifesté sa gloire à ses disciples. Sous leurs yeux, il fut transfiguré, ses vêtements resplendirent d’une blancheur telle qu’il n’est pas de teinturier sur terre qui puisse blanchir ainsi (Marc 9.2).

Manifestement, cette vision spectaculaire ne préfigurait pas seulement l’événement pascal, le triomphe du Fils de l’homme sur les ténèbres et sur la mort. Elle annonçait aussi que tous ceux qui adhéreraient au Christ par la foi, recevraient des vêtements de la même blancheur. A ce sujet, en effet, l’Apôtre nous rappelle : Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ (Galates 3.27).

Or vous n’êtes pas censés porter ces vêtements éclatants seulement en certaines circonstances. Ce serait supposer que votre union au Seigneur n’est qu’épisodique. Rappelez-vous au contraire la permanence de cette incomparable réalité et la grandeur de cette expérience spirituelle : nous tous qui, le visage dévoilé, reflétons la gloire du Seigneur, nous sommes trans figurés en cette même image, avec une gloire toujours plus grande par le Seigneur qui est Esprit (2 Corinthiens 3.18). N’est-ce pas là une situation destinée à évoluer toujours, une fête appelée à durer éternellement ?

Autant dire que l’injonction de l’Ecclésiaste trouve ici sa pleine application : qu’en tout temps tes vêtements soient blancs ! Oui, car désormais l’histoire de Jésus-Christ, l’Homme nouveau, est devenue notre histoire, sa vie est notre vie. Nous avons reçu de lui l’ordre de rester en tenue de travail (Luc 12.35), ainsi que l’assurance, à tout moment, de laver nos robes et de les blanchir dans le sang de l’agneau (Apocalypse 7.14). Servons donc le Seigneur avec joie : une joie constante qui renouvelle sans cesse nos forces, à la gloire du créateur !

Maurice JEAN-CHARLES

À propos de l'auteur : L’équipe Reconnexion !