Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion…
Hé 12.22
A maintes reprises, l’auteur de la lettre aux Hébreux met en parallèle certaines réalités de l’ancienne et de la nouvelle alliance, voulant démontrer combien celle-ci est meilleure. Sa démarche s’accompagne à la fois d’avertissements et d’encouragements à l’intention de ses destinataires. Non seulement il les met en garde contre l’incrédulité, mais encore il les incite à apprécier l’excellence des promesses de la nouvelle alliance et à s’y attacher fermement.
Ainsi, cet extrait que vous avez sous les yeux (Hé 12.22-24), évoque deux expériences spirituelles qui se différencient nettement. La première advint face au mont Sinaï, à l’occasion du don de la Loi, par Dieu, au peuple qu’il venait d’affranchir de la servitude en Égypte. Elle s’est déroulée dans une atmosphère des plus angoissantes. Le jour fixé, la montagne, recouverte d’une épaisse nuée, est secouée par de violents tremblements de terre accompagnés du tonnerre et des éclairs. Du milieu du feu où il était descendu, Dieu fait entendre sa voix puissante, alors que retentit le son de la trompette. Le peuple terrifié, se tient à distance, au pied de la montagne dont l’accès lui est interdit. Mais Moïse, leur intermédiaire, monta vers Dieu qui l’avait appelé, en vue de recevoir les tables de l’alliance.
Quant à la deuxième expérience, elle contraste en tout point avec la précédente. D’abord, les réalités évoquées ici sont «célestes». La montagne de Sion, la ville du Dieu vivant, Jérusalem n’ont rien de menaçant ; elles échappent aux phénomènes terrifiants et aux contraintes naturelles ordinaires. Ensuite, ceux qui «se sont approchés» n’étaient pas un peuple à l’origine (1 P 2.10), mais une multitude d’humains dispersés. Le Seigneur Jésus est venu les appeler, les rassembler de leur égarement pour les réunir dans la sainte Demeure de Dieu. Enfin, contrairement au mont Sinaï, l’atmosphère est à la joie : des myriades d’anges sont en réunion de fête, nous dit le texte. Dieu réside au milieu des louanges de ceux qui le servent, sur la terre comme au ciel!
Précisément, cet événement festif présente un aspect universel et permanent; il se reproduit quotidiennement, car le «peuple nouveau» ne cesse de grandir et de progresser vers le mont Sion. Le Seigneur continue d’ajouter chaque jour à l’Église ceux qu’il sauve (Ac 2.47). C’est toujours l’occasion d’une grande joie dans le ciel, chaque fois qu’un pécheur est ainsi arraché au sinistre abîme et transféré vers les glorieux sommets de la montagne sainte. Une expérience incomparable ! Chacun est appelé individuellement, mais se voit aussitôt incorporé à une communauté qui n’est qu’un seul cœur et une seule âme (Ac 4.32). Il est libéré de l’isolement mortifère pour être établi avec tous les rachetés dans un ensemble bien uni, Jérusalem (Ps 122.3), la cité du Dieu vivant.
Cela vous dit-il quelque chose ? Ce moment merveilleux que vous avez sans doute vécu n’était pas un rêve, rassurez-vous ! Par la foi, vous vous êtes vraiment approchés de la nouvelle Jérusalem, parce que c’est le Royaume de Dieu qui s’est d’abord approché de vous. Parce que Dieu vous a ressuscités avec son Fils et élevés dans les cieux, vous êtes devenus concitoyens des saints. Nous tous, ainsi unis à notre Jésus-Christ le Seigneur, nous sommes enregistrés à Jérusalem, car c’est là que tout croyant est né spirituellement (Ps 87.5-7).
A présent, que vous avez part à une telle grâce, qu’allez- vous en faire ? La négliger ? Retourner à vos anciennes habitudes en vivant à la manière du monde ? En aucun cas ! L’auteur de la lettre écarte franchement une éventualité pareille ; il déclare: Nous ne sommes pas de ceux qui retournent en arrière pour leur perte, mais de ceux qui ont la foi pour le salut de leurs âmes (Hé 10.39). Votre réaction n’est certainement pas différente. Alors qu’allez-vous faire ?
En premier lieu, confirmez joyeusement votre belle accession au Royaume éternel : Rendez grâce au Père qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière (Cl 1.12). Dans ce même élan, occupez la place qui vous revient dans la grande famille de Dieu, représentée sur terre par l’Église. Remarquez cependant que cette lettre aux Hébreux nous parle également de ceux qui résident à Sion. Outre les myriades d’anges, notre texte signale la présence de ceux qui nous ont précédés : les premiers-nés inscrits dans les cieux, ainsi que la multitude des justes parvenus à la perfection. Ils sont rassemblés autour de Dieu, le juge de tous et de Jésus-Christ, le médiateur d’une alliance neuve.
Par conséquent, la vie communautaire a une grande importance dans la pensée du Dieu d’amour. Il veut l’unité et la paix, non la division et la discorde. Celles-ci sont les œuvres du diable. Donc, sans tarder et en toute humilité, mettez-vous à la disposition de l’Unique Seigneur. Avec d’autres croyants, vous emprunterez régulièrement ce chemin nouveau, vivant et permanent qui vous est maintenant familier. Ne le désertez pas ! Mais pleins d’espérance, recherchez sans cesse les directives divines en vous attachant à la parole de sa grâce et en appelant à l’aide son Esprit Saint. Ainsi guidés et soutenus, marchant avec persévérance dans la justice et la sainteté, vous encouragerez vos proches et vos amis à gravir, eux aussi, la montagne sainte vers les réalités célestes.
Maurice JEAN-CHARLES
