Le seul Dieu juste et sauveur, vous connaissez ?
Es 45.21
Le Dieu vivant et véritable, « celui qui est, qui était et qui vient », agit constamment. Alors que beaucoup se plaignent de son inaction apparente, il ne cesse d’œuvrer dans tous les domaines, pour la justice et le salut. Il régit sa création en pourvoyant au maintien de l’ordre universel qu’il a établi lui-même, il se soucie du sort de tous les humains, il est proche des faibles, il veille sur les nations agitées et il conduit les peuples désorientés (Ps 2).
Les prophètes ont prêché la foi en ce Dieu juste et sauveur. Ils ont entretenu l’espérance de son intervention en faveur de son peuple souvent opprimé par des puissances étrangères et surtout spirituelles. Mais c’est l’Evangile qui nous révèle la proximité du Dieu juste et qui sauve. Il est venu dans notre monde inique pour rendre juste tout être humain, Juif ou païen, asservi au péché, exclu de sa gloire (Rm 3.26, 30 ; 4.5). C’est aussi dans l’Evangile que nous avons la manifestation éclatante de la grâce de Dieu, unique source de salut pour tous ceux qui ont failli (Tt 2.11 ; 3.3-5).
Au juste, que savez-vous de cette Bonne Nouvelle ? Paul la qualifie de puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit (Rm 1.16). Car, vous et moi, incapables de nous affranchir nous-mêmes du joug terrible et universel du péché, seule la bienveillance divine peut nous venir en aide. Mais sachez que Dieu n’a de dette envers personne ; quand il vous sauve, il n’obéit à d’autres contraintes que celles de son amour. Il a vu votre misère et s’est souvenu de ses projets à votre égard, avant même de tout créer. Au temps fixé, il a décidé alors de les réaliser en Christ (Ep 2.3-5). Son salut est donc un don gratuit, à recevoir uniquement par la foi, avec humilité et action de grâce.
Or dites-vous bien qu’elle est gigantesque, cette œuvre de justice et de salut. Car il s’agit à la fois de vous purifier de nos péchés, payer le rachat de nos âmes captives, nous ramener de la mort à la vie, nous réconcilier avec Dieu, et faire de nous ses fils adoptifs. Considérez donc l’extraordinaire « investissement », l’infinie puissance nécessaire à une opération d’une telle envergure. Aucune puissance humaine, aucune divinité ne saurait prétendre l’accomplir. Pour y parvenir, le seul Dieu juste et sauveur a dû donner son Fils Unique, saint, innocent et juste, afin de recouvrer des êtres qu’il aime, tombés au pouvoir du mal (Jn 3.16).
Ainsi, dans l’œuvre de notre rédemption, expression suprême de la justice et du salut de Dieu, le rôle du Fils est considérable. Son « service » magnifique constitue une solide fondation à l’ouvrage sublime de Dieu. Oui, sa « personne » en est la pierre angulaire. Souvenez-vous que Jean-Baptiste voyait déjà en Jésus l’agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde (Jn 1.29). Effectivement, cet agneau sans défaut et sans tache a pris sur lui nos maux, nos maladies et nos fautes. Il les a portés en son corps sur la croix ; il en été couvert complètement au point de devenir méconnaissable, pourrait-on dire !
En revanche, le Fils nous couvre de sa justice, faisant de nous des justes pour Dieu, son Père. C’est là un grand mystère dont l’Apôtre souligne la portée dans deux passages entre autres. Il affirme d’une part, dans sa deuxième lettre aux Corinthiens : celui qui n’avait pas connu le péché, Dieu l’a identifié au péché, afin que nous devenions justes de la justice de Dieu (2 Co 5.21). D’autre part, dans sa lettre aux Galates il allègue que le Christ, en vue de nous libérer de la malédiction, a payé ce qu’exigeait la loi :il est devenu malédiction pour nous (Ga 3.13).
Ainsi, le Dieu juste et sauveur manifeste la rigueur de son jugement contre le péché en le condamnant dans la chair de son Fils (Rm 8.3), mais il se montre plein de miséricorde et de compassion envers les pécheurs que nous sommes, vous et moi. Lui qui nous a « choisis », il s’attache à nous pour toujours avec toute la force de son amour ; lui qui nous a « saisis », il nous enlace de ses bras puissants. Il met en nous sa joie ; il fait sa demeure en nous. Aussi, dans l’épreuve ou l’adversité, nous avons l’assurance que la vigueur de son amour nous retiendra solidement à lui, qu’il nous affermira dans sa justice éternelle et dans la permanence de son salut.
Nous ne saurions trop insister sur ce point que l’orgueil charnel nous fait souvent oublier : c’est en raison de cet amour immense, que Dieu a changé notre situation qui était désespérée. Oui, désespérés, nous l’étions, car notre cœur est désespérément mauvais, incurable ; n’ayant alors aucun mérite à faire valoir devant le divin tribunal, nous passons pour des débiteurs insolvables. Mais Dieu ne nous a pas traités comme le méritaient nos péchés (Ps 103.10). Il a donne son Fils « Avocat » et « Rançon » pour nous représenter et nous défendre. Dès lors nous n’avons rien à craindre : Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?… Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu justifie ! Qui condamnera ? Jésus-Christ est mort, bien plus il est ressuscité, il est à la droite du Père et il intercède pour nous (Rm 8.31- 34).
Connaissez-vous un autre Dieu capable de telles performances ? Non, il n’y en a point en dehors du Dieu de Jésus-Christ ! De nous pécheurs, ennemis, il a fait ses enfants. Lorsque nous sommes venus à la vie nouvelle, le premier visage que nous avons contemplé, fut celui de ce Père aimant qui pardonne. N’oublions jamais cette « vision » ! Peuple autrefois opprimé, Église maintenant affranchie par le sang de l’Agneau, acclamons-le, tressaillons d’allégresse ! Il nous a visités et rachetés. Aux yeux de tous, que nos actions de grâce s’accompagnent d’un comportement digne du nom nouveau que nous portons ! Veillons sur nos relations fraternelles : que l’Esprit Saint éloigne toute tendance à juger ou à condamner. Qu’il nous apprenne à compatir et à bénir, à rendre justice et à pardonner, de même que nous avons été pardonnés !
Maurice JEAN-CHARLES
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