Parcourez les étapes vers la victoire !
C’est un événement historique, la prise de Jéricho, qui sert de point départ à la méditation de ce mois. Il est rapporté dans le livre de Josué (5.13 à 6.5). Or, en rappelant cette expérience merveilleuse, vécue par Josué et le peuple qu’il conduisait, la lettre aux Hébreux atteste : C’est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent (Hé 11.30). Cette notification nous incite à une relecture du récit en tâchant de relever quelques éléments encourageants pour notre témoignage personnel, l’évangélisation ou le combat spirituel. Parcourons ensemble les principales étapes qui mènent progressivement à la victoire dans ces différents domaines.
Pour Josué, la première de ces étapes fut la visite du « Chef de l’armée du Seigneur ». Une rencontre incontournable et décisive ! Pourtant, dès son jeune âge, Josué, assistant de Moïse, avait déjà bénéficié d’une excellente formation. Mais, ce soldat aguerri qu’il est devenu avait aussi appris l’humilité. Aussi, face à la ville fortifiée de Jéricho, il ne s’appuie pas sur ses compétences militaires, il ne se fie pas à sa propre stratégie. Sans sourciller, il reconnaît l’autorité de celui qui est devant lui, se jette à pieds ses pieds, se montre disponible, prêt à exécuter les ordres de son supérieur.
Animé par un tel zèle, s’attendait-il alors à recevoir dans la foulée une « feuille de route », un « ordre de marche » ? Dans l’immédiat, rien de cela. Il lui est seulement demandé d’ôter ses sandales. Autant dire, priorité au respect, à l’adoration, à l’écoute. Mais ce geste requis sous-entend aussi la sanctification. Car, on ne peut se tenir dans ce « lieu sacré » en gardant sur soi ou en soi ce qui est impur : Vous serez saints, car je suis saint (1 P 1.16). D’une autre manière, bien longtemps après, Paul mentionnera que, dans le service, un soldat ne s’embarrasse pas des affaires de la vie, s’il veut plaire à celui qui l’a enrôlé (2 Tm 2.4).
Vient ensuite l’étape où le « Chef de l’armée du Seigneur » communique son plan secret à Josué pour gagner la bataille de Jéricho. Cette révélation s’accompagne d’une opération indispensable : le renouvellement de l’intelligence de Josué. Sans elle, ce qui lui est recommandé pourrait paraître banal, voire insensé. En effet, l’ordre de faire le tour de la ville fortifiée au son du cor, n’est-il pas aberrant ? Sans doute, quelqu’un comme Paul penserait différemment. Pour lui, Dieu choisit ce qu’il y a de fou dans le monde pour confondre les sages, ce qu’il y a de faible pour confondre ce qui est fort…(1 Co 1.27). Or c’est justement, le cas dans ce récit !
Ainsi, l’accueil des directives divines par Josué, lui donne une vision nouvelle des circonstances. Le voici donc à l’étape finale : sa foi va pouvoir entrer en action avec l’espérance de la victoire. En effet, la foi est une manière de posséder déjà ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités que l’on ne voit pas (Hé 11.1). Or, précisément, le chef de l’armée du Seigneur lui a révélé deux réalités essentielles. Il a affirmé d’une part : Maintenant, je suis arrivé (Jo 5.14). Donc sa présence est bien assurée. Et il est là, sur le champ de bataille, prêt à combattre, car son épée est dégainée ! D’autre part il déclare : Regarde, j’ai livré entre tes mains Jéricho et son roi, ses vaillants guerriers (Jo 6.1). Donc la victoire espérée est déjà acquise, non par la puissance humaine, mais parce qu’elle a été donnée par grâce, et qu’elle est reçue par la foi. Alors, les murailles tombèrent !
De nos jours, n’avons-nous pas des certitudes aussi belles qui fondent notre foi ? Depuis la venue du Fils de Dieu parmi nous, le Royaume invisible du Père tout-puissant fait reculer les limites imposées par le prince de ce monde. Celui-ci, nous le savons, cherche toujours à empêcher les enfants de Dieu d’entrer dans l’héritage qui leur est promis. Mais comme grandit le grain de moutarde semé dans un champ, ou comme un peu de levain fait lever toute la pâte, le Règne de Dieu s’étend inexorablement ici-bas. Croyons-le, ni les ténèbres ni les puissances de la mort ne pourront l’arrêter ! Car : Ce n’est pas par la puissance, ce n’est pas par la force, mais c’est par mon Esprit, dit le Seigneur des Armées (Za 4.6)
Voilà pourquoi, il nous est ordonné de nous mettre en marche à notre tour. Autrefois, Dieu avait dit à Josué et à tout le peuple : Tout lieu que foulera la plante de vos pieds, je vous le donnerai…(Jo 1.3). Aujourd’hui, le Ressuscité, le Seigneur de l’univers, nous donne cet ordre et cette promesse : Allez, faites de toutes les nations des disciples… et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28.20). Ainsi, puisque notre « Chef » est présent à nos côtés, combattant avec nous et pour nous, « ne faisons pas économie » de l’acclamation, de l’action de grâce, mais poussons des cris de joie en son honneur. La victoire lui appartient et l’héritage nous est acquis. A lui seul la gloire !
Maurice JEAN-CHARLES
