Il a envoyé sa parole pour les guérir
Ps 107.
Ce témoignage résonne comme une annonce de l’Évangile de Jésus-Christ. Nous y trouvons les mots-clés de cette Bonne Nouvelle qui est « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Rm 1.16).
En effet, le psalmiste proclame que Dieu, dans sa bonté, « a envoyé sa Parole pour guérir » des humains atteints d’une grave infection. Celle-ci est causée par un germe malin extrêmement virulent : le péché, qui les entraîne inexorablement vers la mort (107. 17, 18).
Comprenons ainsi la portée de l’acte de « guérir « . Inscrit dans le projet de Dieu pour nous, il n’est pas une simple opération visant à améliorer notre santé. Il s’agit plutôt d’une profonde restauration de notre être. Par l’action puissante de la parole créatrice, le « pécheur guéri » devient une « nouvelle création « . Arraché à la mort, il glorifie son Rédempteur en proclamant ses merveilles.
L’envoie de cette parole dans notre monde signifie clairement que sous le ciel il n’y a pas d’autre Sauveur. De même, sa venue parmi nous implique de notre part un accueil favorable, une franche ouverture de notre cœur. Aussi, Esaïe disait-il : » Écoutez et vous vivrez » (55.3). Précisément, cette injonction est rappelée avec force par le Père céleste qui nous présentait la Parole faite chair en ces termes ⁶: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé…ÉCOUTEZ-LE ! (Mt 17.5).
A plusieurs reprises, Jésus et les apôtres soulignent l’importance de l’écoute de la foi en vue d’expérimenter l’efficacité de la parole envoyée. « Écouter », c’est d’abord être attentif à ce que nous entendons ; c’est tendre l’oreille. Ensuite c’est prendre au sérieux ce qui est dit, lui manifester du respect, le considérer pour ce qu’il est : la vérité et la vie. En conséquence, c’est faire entièrement confiance à la parole, en obéissant avec persévérance.
Un tel comportement, empreint d’humilité, ne peut que favoriser l’œuvre de la grâce généreusement accordée par Dieu. Il exclut toute
manipulation de la parole pour en tirer profit. Jacques nous recommande de rejeter toute saleté, tout excès de méchanceté pour accueillir avec douceur la parole que Dieu plante dans notre cœur (1.21). Laissons donc agir la parole de vie selon ses propres lois, si l’on peut dire. Elle est comme la semence qui, mis]e en terre, « croît d’elle-même » (Mc 4.26-29). Ne mettrons pas d’obstacle à son épanouissement. Dieu dit en effet par Esaïe : « Ainsi se comporte ma parole du moment qu’elle sort de ma bouche : elle ne retourne pas vers moi sans résultat, sans avoir executé ce qui me plaît et fait aboutir ce pourquoi je l’avais envoyée. » (Es 55.11)
