Le chemin de la paix
Ce chemin-là, est bien celui sur lequel tous les humains sont appelés à marcher quotidiennement, en vue d’un bonheur durable. Car il est le seul qui conduit à « une paix sans fin », comme l’annonçait la première alliance. Mais c’est à Luc que nous devons l’expression « chemin de la paix », mentionnée dans le Cantique de Zacharie, père de Jean-Baptiste (Lc 1.79). Un « chemin », éveille en nous habituellement l’idée de relation : un moyen de communication permettant d’atteindre un but. Un chemin nous rappelle également l’action de marcher. Sous cet aspect, cela évoque la notion de « conduite », ou la manière de se comporter.
De fait, à travers l’expression « chemin de la paix », nous discernons ces deux éléments. En effet, nous remarquons qu’il y a d’abord le fait de progresser vers un but : la paix. Mais, dans le même temps, il apparaît que celui qui emprunte ce chemin « marche dans la lumière », comme le dirait Jean dans sa première lettre (1 Jn 1.7). Il rend ainsi témoignage à la clarté de la face celui qui le guide (Ps 89.16). Car celui-ci, nous dit Luc, tel un astre qui se lève, nous est envoyé d’en haut. Il est venu pour éclairer tous ceux qui croupissent sous l’ombre mortelle des ténèbres, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix (Lc 1.78, 79).
Périodiquement, Noël nous rappelle cette délivrance du pouvoir des ténèbres. Le « Prince de paix » est venu nous mettre au large et nous entraîner dans un « nouvel exode », un passage de la servitude à la liberté, de la mort à la vie. Rassemblés par le Christ, nous formons un peuple de « pèlerins ». Il s’agit donc de nous mettre (ou de nous remettre) en route à sa suite, en laissant derrière nous tout ce qui est encombrant. Le psaume 34, disait déjà à quiconque désire vivre heureux de renoncer au mal, à toute médisance et au mensonge, de pratiquer le bien et de rechercher la paix, de la poursuivre (Ps 34.13-15).
Mais en quoi consiste cette paix à laquelle nous aspirons ? C’est la victoire sur toutes les formes d’angoisse et d’oppression, générées par le poids du passé, la crainte de l’avenir ou les soucis du présent. L’apôtre Paul déclare que la paix est un « don » de Dieu (2 Th 3.16), un « fruit de l’Esprit » (Ga 5.22). Cependant, la paix est fondamentalement liée à la justice (Ps 85.11 ; Hé 12.11 ; Jc 3.18). Il n’existe pas de paix sans justice. Or c’est par l’œuvre accomplie par Jésus-Christ sur la croix que nous est révélée l’importance de la justice en notre faveur. Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, prédisait Esaïe (53.5). Nous avons ainsi la garantie que Dieu est de notre côté et que rien ne peut nous priver de sa paix. En effet, si Dieu est pour nous, qui peut être contre nous ? (Ro 8.31)Précisément, c’est par la justice que le « Prince de paix » accorde une paix sans fin au trône de David (Es 9.6). Aussi, le « Fils de David » règne-t-il éternellement. Dieu l’a fait triompher de tous ses ennemis !
Poursuivons donc notre route avec joie et persévérance, sous la conduite d’Emmanuel, notre lumière et notre soutien de toujours !
