Jésus-Christ, c’est le Seigneur
Accueillons cette affirmation comme une Bonne nouvelle ! C’est bien en effet l’annonce joyeuse qui ouvre une ère nouvelle à notre humanité captive : Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur (Lc 2.11).
Dans cette déclaration faite aux bergers, les anges utilisent un terme distinctif qui ne vous a certainement pas échappé. Le nom de Seigneur est déjà attribué à l’enfant qui vient de naître. Oui, comme le prédisait Esaïe, la souveraineté est sur l’épaule de ce fils qui nous est donné (9.5). Verbe et Fils éternel de Dieu, il partage la même gloire que son Père, avant que le monde soit (Jn 17.5, 24). Pourtant, il est venu habiter parmi nous comme un simple homme, se faisant serviteur de tous, jusqu’à donner sa vie pour eux. Or, c’est précisément cet abaissement qui lui a valu d’être élevé à la droite de la majesté divine et d’hériter d’un nom qui est au-dessus de tout nom (Ph 2.6-11).
Cette réalité a d’heureuses conséquences pour notre relation au Fils de Dieu. Car de sa position inégalable, notre Seigneur est aussi avec nous tous les jours selon sa promesse. Seigneur et Maître, tout dans l’univers lui appartient de droit. Nous-mêmes, ses rachetés, nous sommes le peuple qu’il prend plaisir à conduire. Et en vérité, c’est pour nous un grand privilège d’être au service d’un souverain qui a tout pouvoir au ciel et sur la terre. Du coup, la tâche que nous accomplissons en sa faveur est un office royal. En voici quelques aspects.
D’abord, puisque le Seigneur est au milieu de nous, notre premier devoir est de l’acclamer, c’est-à-dire l’accueillir dignement. Considérez en effet la majesté de celui qui, par amour, a fait la démarche de venir jusqu’à nous. N’est-ce pas là une occasion de célébrer la fête en son honneur ? L’Ecriture insiste sur la manière de témoigner notre reconnaissance envers le Souverain de l’univers : dès le lever du jour, nous présenter à lui avec joie, nous prosterner et lui ouvrir notre cœur, car il est Saint, le Seigneur ! Avec nos hymnes et nos louanges, il mérite également notre attention et notre obéissance : mettons-nous à son écoute, plutôt que d’accorder la priorité à nos projets. Il est avant tout, et tout subsiste en lui (Cl 1.17).
Ensuite, notre mission est de proclamer le règne du Seigneur de gloire. C’est encore là un service que nous accomplirons avec joie, car nous annonçons une Bonne nouvelle : le Seigneur sauve les pécheurs et fait d’eux des fils adoptifs du Père ! En son nom, nous avons la victoire sur les forces du mal et sur la mort. Il nous revient donc de reconnaître la légitimité de son autorité et d’affirmer la solidité de son règne partout, même là où sa souveraineté est méconnue. Paul souligne en effet l’impact universel (au ciel, sur terre et dans les enfers), de la proclamation : Jésus-Christ est Seigneur (Ph 2.11). Ailleurs, il fait même cette recommandation : Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu’il s’éloigne de l’injustice (2 Tm 2.19). Ai-je toujours conscience que ce nom est « saint et redoutable » ? (Ps 11.9)
Le troisième élément de notre « service royal » réside dans l’invocation du nom du Seigneur. Cette activité non secondaire du croyant s’inscrit également dans le cycle de la joie. Elle s’enracine en effet dans l’amour du Seigneur qui prend plaisir à exaucer toute demande faite en son nom. Vous ne pouvez pas vous passer de l’invocation. A juste titre, les disciples ont été désignés comme ceux qui invoquent le nom (Ac 9.14, 21 ; 1 Co 1.2). Voyez, elle est déjà présente à l’origine de votre salut : Quiconque invoque le nom du Seigneur sera sauvé (Ac 2.21 ; Rm 10.13) ; puis, vous la retrouvez en particulier lors de votre baptême (Ac 2.38 ; 22.16) ; ensuite tout au long de votre marche avec le Seigneur. À tout moment, vous avez besoin de faire appel à votre Seigneur, soit pour vous-mêmes soit pour les autres, afin d’être secourus ou simplement de lui exprimer votre gratitude, en disant: Mon Seigneur et mon Dieu !
Dans ces trois actions, très brièvement évoquées, l’acclamation, la proclamation et l’invocation, le rôle de l’Esprit est sous-jacent et incontournable. Paul déclare que c’est l’Esprit du Fils qui donne au croyant d’appeler Dieu Père (Ga 4.6), et de confesser que Jésus-Christ est Seigneur (1 Co 12.3). En d’autres termes, le souffle divin entretient la dynamique de la parole de vérité. Une prophétie de Joël annonçait ce lien étroit entre l’effusion de l’Esprit sur toute chair et l’invocation du nom du Seigneur (Jl 3.1-5).
Précisément, commentant l’événement survenu le jour de la Pentecôte, Pierre y voit l’accomplissement de cette promesse du don de l’Esprit qui rend capable de prophétiser et de publier les merveilles de Dieu. Dans le même temps, il rapporte ces « manifestations » à la glorification de Jésus. Ayant été fait Seigneur et Christ (Ac 2.16-36) après l’humiliation de la croix, il a envoyé l’Esprit qui accompagne ses disciples en permanence. Avec assurance, supplions donc notre Père de nous accorder la crainte respectueuse et la hardiesse de l’Esprit pour acclamer le Seigneur, proclamer et invoquer son nom.
