Quelqu’un vous suit sans relâche !

Rassurez-vous, celui qui est ainsi continuellement sur vos talons n’est pas un malfaiteur. Au contraire, il veut vous secourir en toute circonstance. Face aux épreuves et aux convoitises qui pourraient entraîner à l’idolâtrie, il désire que vous ayez confiance en lui. C’est ainsi que Paul enseignait aux chrétiens de Corinthe à rester fidèles, en se remettant à la bienveillance constante du Seigneur. Il leur rappelait alors comment Dieu assistait régulièrement son peuple, confronté à la soif, lors de la longue traversée du désert. Il fendit un « rocher » pour leur donner à boire.

Mais en faisant mention de cette expérience extraordinaire faite par ces Hébreux, Paul intercale une remarque surprenante. Il déclare : Ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ (1Co 10.4). Un rocher qui se déplace, c’est déjà étonnant, l’identifier au Christ qui « suit », l’est encore plus. Car les récits évangéliques nous ont habitués à voir le Seigneur « précéder » et non pas « suivre » les siens. Cependant, il y a des raisons valables qui incitent le Christ, le « bon berger », à « suivre son troupeau », et pas seulement à le « conduire.

Reconnaissons d’abord dans ce geste du Sauveur un témoignage d’affection envers ceux qu’il a appelés et rachetés. Dites-vous bien ceci : si le Seigneur Jésus ne vous « lâche pas d’une semelle », c’est parce que vous lui êtes précieux. Naguère, il vous avait déjà « suivi » dans votre égarement ; il est parti à votre recherche quand vous étiez perdu. Maintenant qu’il vous a trouvé, il s’attache à vous ; en aucun cas il ne veut vous perdre. Plein de compassion, il accorde une attention particulière à votre fragilité. Il se place derrière vous, afin de vous secourir quand vous tombez en défaillance, quand la fatigue vous amène à traîner en queue de peloton.

Cette révélation est capitale pour nous qui sommes des voyageurs dans ce monde. Elle met l’accent sur le fait que le Seigneur ne nous abandonne jamais. Il est toujours proche de chacun de nous, il ne néglige personne, même si nous nous trouvons au dernier rang, au bas de l’échelle. A David, il rappelle : J’ai été avec toi partout où tu as marché… (1 Ch17.8). Sachez donc que Jésus n’est pas seulement celui qui vous indique le chemin, il est aussi celui qui vous rend capables de suivre le chemin. Il vous fournira toujours les ressources nécessaires pour traverser vos détresses et achever votre course, car il est « la source d’eau vive » et le « pain de vie ».

L’Évangile relate aussi ces moments décisifs où Jésus « vient après » nos échecs, nos chutes, nos déboires pour nous relever, alors que tout espoir semblait perdu. Souvenez-vous des deux « pêches miraculeuses ». Les disciples, après avoir travaillé toute une nuit en vain, abandonnaient la partie. C’était dramatique, car dans le premier cas, il y avait un manque à gagner certain pour ces pêcheurs de profession. Dans l’autre cas, n’ayant attrapé aucun poisson, ils n’avaient rien à manger. Or c’est alors que Jésus intervient. Au matin, il leur ouvre une voie nouvelle et change merveilleusement leur situation.

Mais Jésus, en se mettant à la dernière place, ne remplit pas seulement le rôle de « serviteur », comme nous venons de le voir. Il occupe en même temps une position stratégique. Il ferme la marche, assurant ainsi une protection parfaite contre toutes attaques venant de l’arrière. A ce poste, il est le seul à pouvoir vaincre « le dernier ennemi » : la mort. La Bonne Nouvelle proclame et démontre que Jésus vient « après » cette condition franchement tragique et extrême à laquelle tous les humains doivent faire face. Oui, il vient « après la mort » pour « réclamer » notre vie à la tombe, car il est la résurrection et la vie. Telle est notre espérance joyeuse !

Ne cessons donc pas de rendre grâce à celui qui nous aime, à celui qui est « le premier et le dernier » !

À propos de l'auteur : Maurice Jean-Charles