« Bonne Année » ?… Accordée !
Vous désirez certainement que l’année qui commence soit « bonne », c’est-à-dire, remplie de « bonnes choses ». Mais un souhait exprimé ne se réalise pas par le seul fait d’être « sincère ». A juste titre, Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus, disait que nous ne pouvons « recevoir » que ce qui nous a été « donné » du ciel (Jn 3.27). Une « bonne année » est donc nécessairement un « don » du Seigneur.
Précisément Jésus a proclamé la Bonne Nouvelle d’une année de bienfaits accordée par Dieu, conformément à une parole d’Esaïe (61). De quoi s’agit-il ? D’après la loi de Moïse, tous les cinquante ans, une « année de grâce » devait être annoncée dans tout le pays (Lé 25.8-18). C’était le « jubilé », une année sainte, année de libération des esclaves, de restitution des champs et de restauration. Mais Jésus va au-delà de cette loi. Interprétant la prophétie d’Esaïe, il précise : Aujourd’hui, cette écriture est accomplie au moment même où vos oreilles l’entendent (Lc 4.21). Par conséquent, ce commentaire de Jésus nous concerne, vous et moi qui l’entendons aujourd’hui. Cela revient à dire clairement que Dieu, dans sa bienveillance, a précédé et exaucé nos souhaits, au-delà de nos espérances. Par son Fils qui accomplit toutes les promesses, il nous dit : C’est accordé !
Dès lors, qu’avons-nous à faire ou à dire ? C’est tout simple ! Quand on vous fait un cadeau à Noël par exemple, j’imagine que vous remerciez le donateur avec joie. De même, puisqu’une année de bienfaits nous est accordée, accueillons-la dans la foi et la reconnaissance en rendant grâce. Un psaume nous recommande de n’oublier aucun des bienfaits de Dieu. Or ils sont nombreux ! Et un autre psaume de dire alors : Comment rendrai-je au Seigneur tous ses bienfaits envers moi ? (Ps 116.12). Mais voici que l’apôtre Paul nous vient en aide. Il semble condenser toutes ces faveurs divines dans trois situations particulières où il rend grâce à Dieu. Suivons-le dans sa démarche.
Parmi les évocations signalées par Paul, nous retenons d’abord celles qui concernent notre délivrance (Rm 7.54, 25). Nous observons l’apôtre qui, dans un premier temps, prend la mesure de sa condition misérable d’esclave du péché et de la mort. Ne pouvant rien maîtriser, en perdition, dans sa détresse il s’écrie : Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui m’entraîne à la mort ? Mais il rebondit. Réconforté par la foi en celui qui l’a aimé et s’est livré pour lui, il exulte : Grâce soit rendue à Dieu par Jésus-Christ, notre Seigneur !
Ensuite, Paul nous fait découvrir les bienfaits qui favorisent notre enrichissement. L’apôtre expose aux Corinthiens l’immense générosité de Dieu qui a le pouvoir de les combler de toutes sortes de grâces (2Co 9.8). Il ne manque pas de leur signaler la manière dont s’est effectuée cette admirable opération. Il leur rappelle comment le Seigneur qui, de riche qu’il était, s’est fait pauvre, afin de les enrichir par sa pauvreté (2Co 8.9). En remémorant ainsila prodigalité de Dieu qui fait grâceau-delà de toute mesure, Paul ne peut s’empêcher de s’exclamer : Grâce soit rendue à Dieu pour son don ineffable ! (2Co 9.14, 15)
Enfin, l’apôtre fait allusion aux bienfaits de Dieu dans un contexte inattendu. Celui des luttes et des souffrances de ceux qui servent Dieu ici-bas. Car, contrairement à ce que l’on pense couramment, une « bonne » année, « accordée par le Seigneur » n’est pas forcément dépourvue d’adversités. Mais justement, la grandeur du service divin, c’est que « nous travaillons avec Dieu », et lui-même est « avec nous dans la détresse » (Ps 91.15). Pensez à Paul et Silas, malmenés et battus, puis enchaînés et enfermés dans une prison dans la ville romaine de Philppes (Ac 16.22-26). Or au sein de leur infortune, on les entendait « chanter des cantiques ». Paul pouvait donc témoigner de la fidélité de Dieu en écrivant aux Corinthiens : Grâce soit rendue à Dieu qui nous fait toujours triompher par Christ (2Co 2.14).
Au cœur de ces témoignages de l’apôtre, nous distinguons l’action déterminante du Christ Jésus : sa grâce nous libère, embellit notre existence et nous assiste dans l’épreuve. Au final, c’est Jésus lui-même, don ineffable, qui est le garant d’une année de bienfaits, Il nous permettra donc de faire face aux événements complexes qui jalonnent notre année. Sa présence effective, permanente nous rendra capables de rendre grâce en toute circonstance. En son nom, nous vous souhaitons une « Bonne Année 2024 ! »
