Mon serviteur réussira…

Es 52.13

Voilà une parole encourageante, ne trouvez-vous pas ? Elle annonce une « réussite garantie », un «aboutissement certain », un « succès assuré ». Mais vous vous demandez peut-être : « Quel rapport avec ma vie personnelle ?» Pour y répondre, cherchons d’abord à saisir l’identité de ce « serviteur » et à découvrir en quoi consiste sa « réussite ».

L’affirmation, qui éveille notre attention, sert d’introduction au dernier des quatre « chants » ou « poèmes », que le prophète Esaïe dédie au « serviteur du Seigneur ». Celui-ci, personnage étonnant, sans aspect ni prestance, méprisé, bafoué, violenté (52.14 ; 53.2-10), est identifié au Messie, le Christ Jésus. Selon le contenu de ces « chants », une œuvre immense l’attendait. Il a pour vocation, non seulement de relever les tribus d’Israël dévastés, mais aussi d’être la lumière de toutes les nations (Es 42.6 ; 49.6). Va-t-il y parvenir ? C’est un grand défi, vous en convenez !

Or précisément, ce quatrième « chant du serviteur », le plus long (Es 52.13-53.12), proclame d’emblée que ce « serviteur » connaitra un grand succès : Mon serviteur réussira (ou prospérera), il montera, s’élèvera sera exalté à l’extrême (52.13). Autant dire que le « serviteur » ira bien jusqu’au bout de son engagement : l’œuvre du Seigneur prospérera entre ses mains, car il agira avec sagesse et connaissance, et rien ne l’arrêtera. Le premier « chant » annonce clairement à son sujet : il ne cèdera pas, il ne fléchira pas jusqu’à ce qu’il ait établi la justice sur la terre, et les îles attendent sa loi (Es 42.4). Effectivement, à la veille de sa mort, Jésus a pu dire à son Père : J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donné à faire (Jn 17.4). Et sur la croix, il déclare : Tout est accompli (Jn 19.30)

Comment expliquer ce succès du « serviteur » ? Il provient de son étroite relation à Dieu, fondée sur une loyauté et une fidélité réciproques. Car le Père a attesté : Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j’ai mis ma joie, j’ai mis mon Esprit sur lui (Es 42.1). Tandis que le Fils-serviteur lui témoignera son attachement endisant : Me voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté (Hé 10.7 ; Ps 40.8, 9). Or la volonté de Dieu est que tout homme soit sauvé par Jésus-Christ. En adhérant donc à la volonté de son Père, ce Fils s’engage à ne perdre aucun de ceux que le Père lui a confiés (Jn 17.12). Le quatrième « chant » proclame en effet, que nous étions tous errants comme des brebis, nous nous tournions chacun vers son chemin, et le Seigneur a fait retomber sur lui la perversité de nous tous (Es 53.6). C’est pourquoi, Dieu l’a souverainement élevé… (Ph 2.9)

Quel enseignement cette vérité nous communique-t-elle ? Comment l’appliquer à notre vie personnelle ? Ce qui est encourageant, c’est que cette vérité est devenue réalité : Jésus, le Fils de Dieu est le vrai serviteur. Venu pour servir, et il a pleinement réussi sa mission. Vraiment, il mène à bonne fin tout ce qui lui est ordonné. Il s’occupe avec succès de tout ce que nous lui confions. Envoyé pour chercher et sauver tout ce qui était perdu, il réussit. Venu comme « médecin » pour nous guérir du péché, maladie incurable, il réussit. Apparu pour détruire les œuvres du diable par sa croix, il réussit. Venu pour nous donner la vie en abondance, il réussit.

Par conséquent, l’heureuse affirmation signalée au début de notre méditation, est digne de confiance et nous concerne chacun personnellement. Elle nous donne l’assurance de la réussite de Jésus, le « serviteur » dans tout ce qu’il entreprend en notre faveur et dans tous les domaines : notre salut, notre sanctification, notre croissance spirituelle, nos combats, nos souffrances, mais aussi nos familles et nos relations…De plus, l’Ascension nous rappelle sa position d’autorité à la droite du Père, et l’efficacité de son intercession pour nous. D’une autre manière, il est toujours à l’œuvre !

Maurice JEAN-CHARLES

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