Itinéraire de Jésus-Christ, Fils de Dieu

Les récits des évangiles présentent Jésus allant sans cesse de lieu en lieu. Ses déplacements, cependant, ne sont pas effectués au hasard. Venu de Dieu dans notre monde, il s’est appliqué à suivre le chemin tracé par le Père. Considérer son itinéraire revêt pour nous un intérêt certain, car le propre de tout disciple est de suivre son Maître.
Le début du ministère itinérant de notre Seigneur est ainsi décrit : Jésus arrive de la Galilée jusqu’au Jourdain, vers Jean, pour recevoir de lui le baptême (Mt 3.13). Or voici que trois éléments surnaturels viennent accompagner son geste : les cieux s’ouvrent, l’Esprit de Dieu, comme une colombe, descend et vient sur lui ; une voix retentit des cieux : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c’est en lui que j’ai pris plaisir (Lc 3 :21, 22). Alors qu’il n’avait pas besoin d’être baptisé, ces signes attestent que le Père approuve son action. En se liant au peuple pécheur par son baptême, Jésus a voulu, selon ses propres paroles, accomplir toute justice. Comme le prédisait Esaïe, il s’est laissé compter parmi les coupables, (53.12).
Cette solidarité de Jésus avec son peuple nous porte à croire que l’un des aspects du baptême de Jésus renvoie à la communion fraternelle, au sein du nouveau peuple que nous formons en Christ. Paul nous dit que nous sommes baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps. Il insiste sur les conséquences de la réalité de ce « corps », en déclarant que si un membre du corps souffre, tous les autres souffrent avec lui (1 Co 12.13, 26). Notez bien, qu’il ne dit pas que ces membres devraient souffrir. Non ! Il affirme qu’il s’agit d’un « fait » : l’existence d’un malaise général au sein du corps, même si nous n’en sommes pas conscients. Dans ce cas, le corps « en souffrance », risque d’avoir du mal à témoigner efficacement …Qu’en dites-vous ?
A cette première étape de l’itinéraire du Fils de Dieu, une deuxième lui est étroitement liée. Nous lisons dans Matthieu : Alors Jésus fut emmené au désert pour être mis à l’épreuve (Mt 4.1). L’action de l’Esprit paraît irrésistible. Marc nous dit même : Aussitôt l’Esprit le chasse au désert (Mc 1.12). En quelque sorte, Jésus est jeté dans l’arène. Etonnant ! Sitôt déclaré Fils de Dieu, l’Héritier de toutes choses se voit imposer comme première « visite » une région inculte, sauvage, au lieu d’un jardin de délices. Seigneur, il ne pénètre pas dans le temple au milieu des acclamations des fidèles. Il est introduit dans un milieu hostile : le diable en a fait son domaine, illégalement ! Alors pourquoi cette destination ?
C’est un territoire perdu, ayant autrefois appartenu au Royaume de Dieu, que Jésus vient reconquérir au nom de son Père. C’est le triste reflet de la création, livrée « au pouvoir destructeur, à l’aridité et à la violence (Rm 8.19-21). En pénétrant donc dans le désert, Jésus a pour mission de confronter et vaincre Satan, qui entretient le désordre dans le monde. Cet affrontement avec le tentateur est le premier d’une série jusqu’à la croix. Effectivement, l’évangile de Marc nous rapporte un de ces d’épisodes. Il fait état d’un malheureux qui était sous l’emprise d’une légion de démons. Extrêmement dangereux, personne ne pouvait le maîtriser ; il vivait dans des tombeaux, en marge de la société. Mais Jésus, le Fils de Dieu, est allé lui seul le rejoindre sur son propre terrain, il l’a affranchi entièrement : esprit, âme et corps (Mc 5.2-15).
Le parcours de Jésus-Christ, Fils de Dieu, est ainsi ponctué d’actes libérateurs occasionnant le renouveau de l’être et le retour à Dieu des égarés. Tous les récits évangéliques rendent ainsi témoignage au Fils de Dieu qui a reçu l’onction du Père pour secourir, consoler ceux qui sont pauvres, affligés, accablés, oppressés. Dans le Livre des Actes, l’apôtre Pierre témoigne : Dieu a conféré une onction d’Esprit Saint et de puissance à Jésus de Nazareth qui, là où il passait, faisait du bien et guérissait tous ceux qui étaient opprimés par le diable ; car Dieu était avec lui (Ac 10.38). Mais ce long cheminement conduit à un grand rendez-vous décisif, fixé à Golgotha. Là, sur une croix, le Fils de Dieu a fait le don total de sa vie. Comme pour son baptême, il n’avait pas mérité la mort, car il était sans péché. Aussi, Dieu l’a délivré des liens du séjour des morts et l’a élevé dans la gloire, à sa droite.
Pour sûr, l’itinéraire de Jésus-Christ, Fils de Dieu nous concerne ; il est comme la « feuille de route » de tous ceux qui sont devenus fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ (Ga 3.26). Loin de prétendre à une certaine autonomie trompeuse et funeste, ceux qui sont fils de Dieu se laissent volontiers conduire par l’Esprit de Dieu (Rm 8.14). Par conséquent, le « vrai fils » sait qu’il n’appartient pas à lui-même. Aussi, « dans l’amour », tout « fils de Dieu » prend plaisir à faire la volonté de celui qui l’a racheté et adopté. Les deux événements qui ont inauguré l’itinéraire de Jésus, le baptême et le séjour dans le désert, lui indiquent la marche à suivre. Il consent à se livrer, d’une part, en vue de la construction de l’Eglise ; d’autre part, en vue du retour des brebis perdues.
Ainsi, chers amis, avec confiance et espérance, progressons ensemble dans l’œuvre du Seigneur ressuscité (1 Co 15.58) !

À propos de l'auteur : Maurice Jean-Charles