Prendre soin de la demeure du Seigneur
Vous voici donc installés dans la Maison de Dieu ! Rappelez-vous que ce merveilleux aboutissement est dû à sa grande miséricorde ; lui-même a voulu se rapprocher de nous tous, autrefois ses ennemis. Réconciliés avec lui, grâce à son amour, par la mort de son Fils Jésus-Christ, nous sommes devenus membres de sa famille. Appréciez -vous votre place et les fonctions qui y sont attachées ? Reconnaissons que cette nouvelle situation est vraiment belle : elle mérite d’être entretenue. Aussi, guidés par sa Parole, conduits par son Esprit, désormais, nous croissons ensemble et découvrons progressivement comment nous comporter dans la maison de Dieu (1 Tm 3.15).
Nous apprenons alors que l’amour est la vertu fondamentale qui mobilise tous les hôtes de cette habitation incomparable. Ainsi, la première alliance rendait témoignage au sujet de ces croyants animés d’une passion ardente pour le temple de Dieu (Ps 27.4 ; 84.2, 3). Bien entendu, on ne saurait oublier le dévouement de David en vue de la construction de cette demeure (Ps 132.1-5 ; 1 Ch 1-5). Ne passons pas non plus sous silence la ferveur du roi Ezéchias, descendant du roi David : Dans toute l’œuvre qu’il avait entreprise pour le service de la Maison de Dieu, pour la loi et pour les commandements, il agit en cherchant son Dieu de tout son cœur et il fut heureux (31.21).
Mais la Nouvelle alliance révèle le zèle inégalable du Fils de Dieu pour la maison de son Père, ainsi que son amour suprême pour l’Eglise (Jn 2.17 ; Ep 5.25). En fait, prendre soin de la demeure du Seigneur, c’est aimer ardemment ceux qui l’habitent. L’amour « valorise » l’être aimé ! Il le relève, l’enrichit et l’embellit. Certainement, un tel service réclame toute notre attention, c’est-à-dire notre entière consécration afin de discerner ce que le Seigneur attend de nous et de percevoir les besoins des autres, surtout les plus faibles. Cependant, c’est aussi un grand privilège rattaché à notre salut. Zacharie, le père de Jean-Baptiste, rappelait justement que Dieu, après nous avoir arrachés aux mains des ennemis, nous accorderait de le servir sans crainte dans la sainteté et la justice sous son regard, tout au long de nos jours (Lc 1.74, 75).
Sans doute, ces propos font d’abord allusion à la délivrance des descendants d’Israël ; ils évoquent l’alliance d’après laquelle ceux-ci étaient estimés comme la part personnelle de Dieu, un royaume de prêtres et une nation sainte (Ex 19.5, 6). Or l’apôtre Pierre fait appel à des termes analogues pour caractériser l’actuelle condition des croyants rachetés par Jésus-Christ. Il les désigne comme une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis par Dieu pour annoncer ses hauts faits (1P 2.9).
Par ailleurs, les propos de Zacharie présentent quelques « détails » intéressants concernant le service du Seigneur. Notre attention est attirée par le fait que nous le tenons de Dieu lui-même : « il nous l’accorde ». Servir le Seigneur est donc un « don ». Comme le disait l’apôtre, nous recevons de lui la capacité d’être ministres d’une Alliance nouvelle (2 Co 3.5, 6) ; ou encore, nous détenons ce ministère par miséricorde (2 Co 4.1). Ensuite, nous remarquons que ce service n’est ni temporaire ni arbitraire ; il ne dépend ni des circonstances ni de notre humeur. Il s’accomplit en effet non seulement « dans la sainteté et la justice », mais aussi « tout au long de nos jours ».
Pratiquement, cela implique une disponibilité totale qui nous engage à « rester éveillés », à « rester en tenue de travail » et même « en tenue de combat ». De fait, cette posture correspond à celle de l’homme nouveau dont nous nous sommes revêtus continuellement et qui vient de Dieu. Il l’a créé dans la justice et la sainteté (Ep 4.24). C’est-à-dire que, dans tout ce que nous entreprenons, nous tâchons de manifester notre respect, notre piété à l’égard de celui qui est le Maître de maison, en lui rendant un culte qui lui soit agréable. Dans le même temps, nous témoignons notre amour fraternel envers ceux qui lui appartiennent ; nous les accueillons en son nom, et travaillons ensemble à la même construction.
Enfin, ce qui donne un sens à notre œuvre commune et qui garantit sa réussite, c’est que nous accomplissons ce service « en présence du Seigneur », comme l’affirmait Zacharie (Lc 1.75), c’est-à-dire, sous ses directives. En quelque sorte, il est « déjà-là », le royaume de Dieu, qui est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint. Celui qui sert le Christ de cette manière-là plaît à Dieu, et il est approuvé par les hommes (Rm 14.17-19)
