Veux-tu guérir ?

A combien de croyants n’est-il pas arrivé de se décourager, voire de se révolter, après avoir fait la belle expérience du salut ? Car, vous l’avez sans doute constaté, marcher par la foi à la suite de notre Seigneur, c’est parfois marcher à travers un désert aride, avec ses dangers inattendus.

Or, au chapitre 15 du livre de l’Exode, je vous prie de noter comment Dieu s’affirme, non seulement comme celui qui délivre, mais aussi comme celui qui prend soin. En effet, après le passage de la mer Rouge, les Israélites sortis d’Egypte, dès les premières étapes de leur traversée du désert vers la terre promise, ont dû faire face à un moment très critique. Ils avaient cheminé trois jours sans trouver d’eau à boire. Le seul point d’approvisionnement découvert se révèle décevant : l’eau était amère.

Qu’auriez-vous fait à leur place ? Eux s’en prennent « amèrement » à leurs conducteurs, Moïse et Aaron (15.24). Évidemment, ceux-ci n’avaient pas la solution, mais ils pouvaient compter sur un conseiller sûr : le Seigneur. De fait, il leur indique un certain bois qui, jeté dans l’eau, rendit celle-ci instantanément douce (15.25).

Que pensez-vous de ce « miracle » ? Dans cette intervention salutaire, ne voyez-vous pas une action « thérapeutique », puisqu’elle « guérit » une eau qui était « dénaturée », « non consommable » ? De plus, une précieuse indication nous est donc donnée : le Seigneur peut et veut « soigner » ceux qu’il a appelés et sauvés ; il déclare être celui qui guérit.

Cependant, remarquez aussi que Dieu fait dépendre leur « guérison » et leur « bonne santé » d’une condition majeure : l’obéissance aux lois et coutumes qu’il leur donne. Il leur dit : Si tu écoutes…si tu fais…si tu prêtes l’oreille…si tu observes…je ne t’infligerai aucune des maladies…c’est moi, le Seigneur, qui te guéris (15.26).

Par ailleurs, ce récit est comparable à une parabole qui illustre l’étendue du « salut de Dieu » révélé en Jésus-Christ à tout humain. Le prophète Jérémie a fait ce constat universel : le cœur de l’homme est tortueux et incurable (Jé 17.19). Ainsi, cette « eau amère » est le reflet de notre être intérieur amer, rancunier, hargneux, imbuvable… Or si personne ne peut accomplir la Loi de Dieu, comment donc pouvons-nous guérir ? Mais Pierre nous rappelle une prophétie d’Esaïe (53.5) au sujet du Messie en déclarant : c’est par ses meurtrissures que nous avons été guéris (1 Pi 2.24). Précisément, en mourant sur la croix Jésus proclame la réalisation de cette parole en s’écriant : Tout est accompli (Jn 19.30).

Aujourd’hui, une question est posée à chacun personnellement : Veux-tu guérir ? Jésus l’avait adressée à un homme, infirme depuis 38 ans. Par là, il se présentait à ce malade comme celui qui pouvait le guérir. A quelle condition ? La foi ! C’est-à-dire, accueillir avec la simplicité d’un enfant, toute parole de sa bouche. Car il est la vérité et la vie (Jn 14.6).

Maurice JEAN-CHARLES

À propos de l'auteur : Maurice Jean-Charles