Ramène nos captifs, Dieu de notre salut !

Pouvez-vous mesurer toute la détresse exprimée par cette supplication ? Elle évoque la situation désespérée de nombreux habitants de l’ancien royaume de Juda. Déportés à Babylone, ils y étaient retenus captifs des dizaines d’années. Comment refaire le chemin inverse ? Dépossédés de tous leurs biens, leur vie était ruinée ! Où trouver des ressources et un guide sûr pour les ramener sur leur terre ?
Dans ces conditions affligeantes, ils se souvinrent alors du Dieu de l’alliance, plein de bonté et de fidélité. Il leur avait promis : Je sais les projets que j’ai formés à votre sujet_ oracle du Seigneur_ projets de paix et non de malheur ; je vais vous donner un avenir et une espérance. Alors vous m’invoquerez et vous pourrez partir ; vous me prierez, et je vous exaucerai (Jé 29.11, 12).
Avec des lamentations, le peuple se repent. Certains psaumes ou quelques prophètes relatent leurs implorations : Seigneur, à nous la honte…car nous avons péché contre toi. Au Seigneur notre Dieu la compassion et le pardon, car nous avons été rebelles envers lui (Dn 9.8, 9) ; Dieu de l’univers, fais-nous revenir (Ps 80.4, 8, 20) ; Fais-moi revenir, que je puisse revenir, car toi, Seigneur, tu es mon Dieu. Après m’être détourné, j’ai eu du regret (Jé 31.18, 9).
Dieu tend l’oreille aux suppliques de son peuple. Il ressent sa misère et va lui-même le rechercher pour le ramener sur la terre de ses ancêtres. Une fois de plus, il affranchit les siens d’une tyrannie écrasante. Il manifeste sa fidélité magnanime à un partenaire qui, de son côté, s’était montré décevant. A juste titre, Paul fera cette remarque : Quoi donc ? Si certains furent infidèles, leur infidélité va-t-elle annuler la fidélité de Dieu ? Certes, non ! (Rm 3.3).
Tout cela s’est passé il y a bien longtemps, nous dira-t-on. Mais, reconnaissez que de nos jours, bien des gens vivent dans des conditions identiques, spirituellement parlant ? Déracinés et séparés de Dieu, ils sont en train d’éprouver les tourments d’un dur exil et d’une horrible captivité, sous la férule de l’ennemi de nos âmes. Qui les ramènera au Seigneur ?
Hélas ! Comme autrefois, tout humain égaré est incapable de se libérer et de retrouver son chemin vers Dieu par sa propre sagesse. Mais Jésus affirme : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne va vers le Père sans passer par moi (Jn 14.6). Précisément, le Seigneur désire ardemment que l’on revienne à lui : il attend pour faire grâce (Es 30.18). Bien des paroles attestent qu’il se souvient de sa miséricorde et de ses engagements (Lc 1.54, 72). Pour sûr, il n’a pas changé, déclare Malachie 3.6. Si nous lui sommes infidèles, dit l’Apôtre, lui demeure fidèle, digne de confiance. Car il ne peut se renier lui-même (2Tm 2.13).
La vérité qui se dégage de ces témoignages est rassurante : la fidélité du Seigneur est une référence immuable qui garantit sa relation à nous. Elle nous donne la certitude d’être toujours accueillis par lui, quand nous nous repentons. Elle est aussi comme un pivot qui oriente notre fragile existence et rétablit toute situation défavorable. Car Dieu lui-même ne cesse de mettre tout en œuvre pour nous attirer jusqu’à lui, avec une pleine efficacité.

Maurice JEAN-CHARLES

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