«Seigneur, dis seulement une parole »
C’est ainsi qu’un officier de l’armée romaine, un païen, suppliait le Seigneur d’intervenir en faveur de son esclave malade (Mt 8.8). Il était persuadé que la parole de Jésus ne resterait pas sans effet. Jésus lui-même affirmait que ses paroles sont esprit et vie (Jn 6.63). Autant dire que toute parole de sa part est féconde. Avec puissance, elle agit sur-le-champ et durablement. Comme Dieu, son Père,il dit, et la chose est là; il ordonne et elle existe (Ps 33.9). Aussi, la Bonne nouvelle du Règne de Dieu, proclamée par Jésus-Christ d’abord, par ses apôtres ensuite, ne cesse-t-elle de progresser.
Aujourd’hui encore, à travers le monde entier, dans chaque vie humaine où il s’enracine, le minuscule grain continue de croître pour porter beaucoup du fruit. Mais comprenons bien que ce dynamisme ne dépend ni du talent des prédicateurs ni du savoir-faire des auditeurs. Souvenons-nous que la semence qui a été «implantée en nous» possède ses vertus propres qui la rendent capable de croître d’elle-même. Aussi, , chaque fois que nous écoutons ou que nous lisons la parole de Dieu, devrions-nous toujours espérer ses merveilleuses productions en temps voulu.
Surtout, veillons à ne pas réduire cette parole à une simple voix ou à un écrit ordinaire. Ce qui est entendu ou lu est efficace en raison de son rapport à la Parole éternelle qui était déjà au commencement avec Dieu. Nous voulons dire, une parole parfaitement accordée à la pensée et à la volonté de Dieu d’une part, et associée à l’Esprit de Dieu, au souffle de sa bouche, d’autre part. On discerne encore cette Parole à travers la sagesse de Dieu lors de la création. Par elle, donc, Dieu opère souverainement: Tout ce que Dieu veut il le fait (Ps 115.3; 135.6); ses projets subsistent toujours (Ps 33.11). C’est ainsi que Dieu, de sa propre volonté, nous a engendrés par la parole de vérité, afin que nous soyons pour ainsi dire les prémices de ses créatures (Jc 1.18).
Nous sommes donc encouragés à la pensée que, par son Évangile, le Seigneur parle et agit encore en notre faveur. Il le fait avant même de le supplier de dire une parole, comme le faisait cet officier romain. De plus, cette parole d’une grandeur inégalable, d’une valeur inestimable, est devenue «proche de nous», à notre contact: «dans notre bouche et dans notre cœur», écrit l’apôtre (Rm 10.8). Assurément, une telle parole est digne d’être reçue dans la foi. La lettre aux Hébreux nous parle de cette génération d’Israélites en route vers un beau pays, promis par le Dieu d’amour et de vérité. Mais «ces gens-là» n’ont pas pu y entrer: ils tombèrent dans le désert. En effet, la parole qu’ils avaient entendue ne leur a été d’aucun profit, car les auditeurs ne s’en sont pas pénétrés par la foi (Hé 4.2).
Quant à nous qui invoquons le Seigneur, en sollicitant de sa part une parole agissante, ne fermons pas notre cœur en même temps ! Faisons-le avec la simplicité de l’enfant qui demande son pain quotidien. En lui en effet toutes les promesses de Dieu sont «oui» (2 Co 1.20). En expirant sur la croix, il déclara : «Tout est accompli» (Jn 19.30). Ne négligeons pas ce que nous dit le Fils ! Sa parole révèle le dessein éternel du Père : nous sauver parfaitement, transformer nos cœurs mauvais, redonner vie à nos corps mortels, faire toutes choses nouvelles (2 Co 5.17 ; Ap 21.5).C’est pourquoi, en vue d’expérimenter ce grand salut, l’apôtre recommande à tout auditeur de la Bonne nouvelle de croire du cœur et de confesser de la bouche que «Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire du Père qui l’a ressuscité » (Rm 10.10 ; Ph 2.11).
