Il y aura de la vie partout où arrivera le torrent

Si vous ouvrez votre Bible au chapitre 47 du livre d’Ezéchiel, vous y trouverez un récit qui vous émerveillera durablement. Le prophète nous fait partager sa « vision » : une eau jaillissant du Temple nouveau ; elle sortait sous le seuil de la Maison vers l’orient. Or, mystérieusement, elle se transforme en un torrent majestueux, sans le concours d’affluents ni de fortes averses. Mais à mesure que cette eau s’éloignait de sa source, son débit s’accroissait ; plus elle se répandait, plus elle augmentait en volume, plus elle distribuait plus elle gagnait en puissance, plus elle fournissait plus elle s’enrichissait…
Que pensez-vous d’un tel miracle ? N’aurions-nous pas, à travers ce torrent qui s’écoule avec grandeur et majesté, une évocation de la libéralité de Dieu, de l’inépuisable richesse de sa grâce ? Certainement, Dieu donne largement, à profusion. L’Évangile nous révèle qu’il est allé jusqu’à donner son Fils unique. Et Paul nous dit qu’en livrant son Fils pour nous tous, Dieu nous a tout donné (Rm 8.32).
Mais, écoutez les explications que donne le « guide » qui accompagnait le prophète. Vous apprendrez que ce torrent si puissant de déborde pas, n’entraîne pas d’inondation dévastatrice. Il suit un itinéraire précis et un but déterminé : Cette eau, dit-il, sortira vers le district oriental, descendra dans la plaine aride et entrera dans la Mer (morte) ; lorsqu’elle se sera jetée dans la mer, les eaux de la mer seront assainies (v.8). En d’autres termes, l’eau issue du sanctuaire semble destinée à « secourir » prioritairement des « lieux en détresse », des « zones défavorisées », atteintes par l’infertilité et la mort.
Venir en aide aux « plus fragiles », telle semble être la remarquable « mission » attribuée à l’eau qui jaillit du Temple. Cette démarche ne vous rappelle-t-elle pas ces paroles de Paul aux Romains : Quand nous étions encore sans force, Christ est mort pour des impies… Alors que nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous (Rm 5.6, 8). Car, dans sa miséricorde, notre Seigneur est venu assainir, purifier, guérir, tout ce qui, en nous, est affecté et déformé par le mal. Au lieu de nous rejeter, il nous entoure d’affection et nous restaure.
Mais écoutez encore les révélations étonnantes du guide d’Ezéchiel, au sujet de l’eau du torrent. Il explique : Partout où le torrent arrivera, tous les êtres vivants qui y fourmillent vivront… car cette eau arrivera là-bas… et il y aura de la vie partout où arrivera le torrent (v.9). Ainsi, l’eau qui sort du Temple ne guérit pas seulement, comme si elle n’accordait qu’un sursis. Mais elle ranime vraiment ce qui est sur le point de s’éteindre, elle fait revivre ce qui est mort.
En Jésus-Christ, cette vision « prophétique » est devenue réalité et trouve son plein accomplissement. Jean écrit dans sa première lettre : la vie éternelle qui était auprès du Père s’est manifestée à nous (1Jn 1.2). Aussi, nous vous affirmons que le règne de la vie a fait irruption dans le domaine de la mort. Il est à l’œuvre aujourd’hui encore. Puissiez-vous être profondément renouvelés, vous tous, en l’accueillant sans réserve, dans la plénitude de la foi !

Maurice JEAN-CHARLES

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