Vos épreuves travaillent pour vous

Si vous vous attachez au Seigneur pour marcher à sa suite, toute situation de détresse mérite votre attention : elle produit des fruits insoupçonnés d’excellente qualité ! Diverses sont en effet les tribulations qui jonchent le chemin d’un disciple. Contrariétés, déceptions, persécutions, tentations font partie de votre environnement. Mais Dieu, dans sa bienveillance, les utilise pour vérifier votre foi ou pour vous éduquer. Elles ne doivent donc pas vous étonner, comme l’écrivait Pierre (1 P 4.12). Jésus lui-même avertissait ses auditeurs, dans son Sermon sur la montagne (Mt 5). Et au cours d’un long entretien avec ses disciples peu avant sa crucifixion, il leur déclarait : Vous aurez des afflictions dans le monde. Mais courage ! J’ai vaincu le monde (16.33).

Sachez donc que, quelle qu’en soit leur provenance, les épreuves n’échappent ni à la vigilance ni au pouvoir de notre Seigneur.  Ces expériences se déroulent toujours dans un cadre défini et selon une durée fixée par sa providence. Quoique effroyables dans leurs manifestations, elles nous transmettent néanmoins des instructions en vue de notre transformation. Aussi, l’Ecriture nous conseille-t-elle, de leur faire bon accueil, au lieu de les dédaigner. A cet égard, voici trois passages très significatifs.

Dans le premier (Romains 5.3ss) l’apôtre évoque le rôle effectif des épreuves qui produisent la persévérance et l’espérance. C’est là un résultat nettement positif, car c’est grâce à celles-ci que nous parvenons à la réalisation des promesses occasionnées par la détresse. Dans le second (Hébreux 12.7, 11) l’auteur de la lettre met l’accent sur l’effet bénéfique des « corrections » qui n’épargnent aucun véritable enfant de Dieu. Il signale que si au départ ces « châtiments » n’ont rien d’agréable, leur aboutissement est une vraie réussite : un paisible fruit de justice, exprimant un état de contentement parfait et une pleine satisfaction. Enfin, le dernier passage, tiré de la lettre de Jacques (Jc 1.2-4) se rapproche justement de l’expérience précédente. Jacques fait mention du « test » de la foi qui est soumise à une série d’épreuves. Par suite de la patience et de l’endurance qui ont achevé pleinement leur cycle, le croyant est déclaré parfait et sans défaut ; il est devenu stable et inébranlable.

Par conséquent, les épreuves accomplissent une œuvre magnifique : nous rendre participants à la sainteté de Dieu (Hé 12.11). Pour autant, il ne s’agit pas de rechercher quelques mérites personnels par nos souffrances. Il ne s’agit pas non plus de faire l’éloge des afflictions comme si elles possédaient en elles-mêmes une vertu quelconque. Leur efficacité vient de Dieu qui les utilise, en les faisant concourir au bien de ceux qui l’aiment (Rm 8.28). C’est donc l’action du Seigneur à travers elles que nous devons glorifier. Jacques nous recommande de ne pas chercher à interrompre prématurément une telle opération (Jc 1.4). Or l’épreuve paraît toujours longue et insupportable. La souffrance semble interminable, la délivrance de plus en plus éloignée. Cette situation de détresse est d’autant plus oppressante qu’on nous dit sans cesse : Où est ton Dieu ? (Ps 42.4,12). Nous soupirons alors : Jusqu’à quand, Seigneur ? Ou encore : Pourquoi m’as-tu oublié ? (Ps 42.10).

Mais la lumière brille déjà au sein même des ténèbres, nous dit l’Ecriture, car le Seigneur lui-même est avec nous dans la détresse, comme l’annonçait déjà le psaume 91.15. Et cette promesse se réalise pleinement dans le Christ Ressuscité qui triomphe de toutes nos adversités. Alors la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le péril ou l’épée ne peuvent nous séparer de son amour (Rm 8.35). Dès le début de son ministère, Jésus déclarait « heureux », les pauvres, les affligés, les affamés, les persécutés, les opprimés, en leur annonçant la Bonne nouvelle du Royaume (Mt 5). Autant dire que le bonheur commence déjà, avec l’écoute de la Parole de vérité, alors même que la détresse s’installe. Le jour du salut, c’est « aujourd’hui » ! Dans notre misère, levons donc les yeux vers le Sauveur Emmanuel qui est là, avec nous. Vraiment, il est proche de ceux qui ont le cœur brisé (Ps. 34.19). Recevons toute la consolation de son Esprit qui nous fait tenir ferme !

À propos de l'auteur : Maurice Jean-Charles