Tout est prêt, venez !

Nous passons parfois un temps incalculable à exposer nos besoins à Dieu, sans écouter ce que, lui, nous dit « avoir déjà préparé pour nous ». Nous lui présentons une longue liste de « problèmes », sans accueillir les « solutions » qu’il a déjà trouvées et nous propose. Nous nous efforçons de « faire » de multiples actions par nous-mêmes, alors qu’il attend patiemment que « nous nous laissions faire » par lui !

Pourtant, dès le début, la Bible révèle la bonté et la fidélité de Dieu envers toutes ses créatures. Il m’est arrivé de penser particulièrement à ses relations avec le premier être humain. Le livre de la Genèse nous dit que, dans sa bienveillance, Dieu avait installé confortablement Adam, avec sa femme Eve, au sein de la création. Rappelez-vous que Dieu avait regardé tout ce qu’il avait fait et qu’il l’a trouvé « très bon » ! « Bienheureux Adam, me dis-je, alors ! ». Plusieurs considérations renforcent cette appréciation.

En premier lieu, je m’aperçois que sitôt façonné à l’image et à la ressemblance de Dieu, Adam reçoit un immense héritage qui lui était préparé (Ge 1.26). Sans même avoir travaillé, il se voit attribuer le poste de « régisseur » d’un merveilleux jardin paradisiaque, l’Eden (Ge 2.8, 15). Puis, Dieu, ne souhaitant pas que « l’homme soit seul », se soucie de lui trouver une « aide précieuse » (2.18, 21-23). Voilà un homme « comblé ! ». Considérez, en plus, que sa vie était déjà un estimable « cadeau de Dieu ». Alors qu’Adam n’avait rien demandé, le Seigneur lui a donné, puis enrichi ce qu’il avait accordé libéralement.

D’autre part, j’ai relevé avec intérêt un élément qui accompagne les débuts de « l’aventure » d’Adam dans le monde. D’après le récit de la Genèse, Dieu créa Adam le sixième jour (Ge 1.30), et le septième jour il institua le Shabbat. C’est un « jour béni » qu’il s’est réservé, il le consacre à son repos, se réjouissant de ses œuvres (Ge 2.2, 3 ; Ps 104.31). Comment Adam a-t-il vécu ce grand moment spirituel ? Alors qu’il fait tout juste son « entrée dans la vie active », est-il « sollicité » à « entrer dans le repos de Dieu », à « entrer dans la joie de son Maître ?» 

Précisément, l’un des motifs de participer à un tel événement est la reconnaissance envers Dieu. Reconnaître non seulement sa majesté, sa souveraineté, mais aussi sa sagesse, son amour et sa puissance. De plus, c’est là, dans l’adoration et la consécration, que l’on trouve inspiration et ressources pour œuvrer ensuite avec son créateur. Paul dira que le culte au Seigneur de l’univers, devra toujours accompagner toute tâche, même « naturelle » (Cl 3.17).

A ce sujet, je ne puis m’empêcher de penser à la parabole du festin de noces organisé par un roi pour son fils (Mt 22.1-6). Quand les invités à ce repas entendirent le message : « Tout est déjà prêt, Venez !», ils refusèrent nettement, et même brutalement, préférant vaquer à leurs propres affaires, sans se soucier ni de la dignité ni de l’affection de celui qui avait tout préparé pour les accueillir avec joie. Pour eux, ce n’était pas le moment ! Inutile de décrire la déception et la colère du roi…

Ainsi, dès le commencement et jusqu’à nos jours, Dieu ne cesse de manifester sa générosité et sa libéralité à l’égard des humains qu’il a lui-même appelés à l’existence : il prévoit et pourvoit avec largesse à sa subsistance ! Ce qu’il a fait pour Adam, le premier homme, il veut le faire pour sa descendance. Car « le plan du Seigneur subsiste toujours et les desseins de son cœur d’âge en âge » (Ps 33.11). Et il le fait de manière plus grandiose ! Dans son immense amour, il a disposé en notre faveur de grâces encore plus grandes que celles accordées à Adam : faire de nous ses enfants d’adoption devenus participants de sa nature divine, et des héritiers de son Royaume. Par toutes ces actions, il nous donne la preuve qu’il a précédés nos requêtes en nous comblant de privilèges en Christ.

C’est pourquoi, il vous invite avec empressement : Venez, car tout est déjà prêt ! Avant même que vous ayez pris conscience de vos besoins, il s’en était déjà chargé (Mt 6.8) ; avant même de lui exposer votre misère, il connaît déjà entièrement votre propos (Ps 139.4). Telle est l’expression de la plénitude, de la richesse et de la gloire de celui qui vous a créés et qui se souvient de vous. Ne craignez donc pas pour votre vie ! Il vous l’a donnée, et il en prend soin jalousement (Ja 4.5). Puisqu’il a si merveilleusement tout préparé d’avance pour ceux qui liés à lui dans l’amour (1 Co 2. 9b ; Ep 2.10), remerciez-le donc ! Prenez le temps « d’écouter » son projet pour vous et vos proches ; regardez attentivement ce qu’il est en train de faire en vous et autour de vous ! Redites-lui sans cesse votre reconnaissance !

À propos de l'auteur : Maurice Jean-Charles