Soutenus du début à la fin par le Dieu de la constance
Être appelé au service du Seigneur est certainement un grand privilège. Cependant, à moins d’être irréfléchi ou prétentieux, on ne s’y engage pas sans éprouver une certaine crainte, sans céder à un saint tremblement. Mais celui qui choisit ses associés les rassure sans relâche et les affermit jusqu’au bout. Il ne les délaisse pas, il ne les abandonne pas ! Ainsi, nous sommes conviés à accueillir avec humilité et espérance la tâche confiée aux uns comme aux autres.
L’Ecriture nous révèle un aspect particulier du service de l’Evangile : la « construction du corps du Christ » (Ep 4.12), l’Eglise, la « maison de Dieu ». Or, à n’en pas douter, nul n’est en mesure d’accomplir une œuvre aussi grandiose. La « demeure sainte » ne saurait s’édifier avec des ressources purement humaines. Fort heureusement, le Seigneur lui-même, le concepteur du projet, est aussi le « Premier Ouvrier » de l’Entreprise. N’avait-il pas affirmé : « Je construirai mon Eglise » ? (Mt 16.18). Par ailleurs, bien des siècles auparavant, un psaume proclamait déjà : Si ce n’est le Seigneur qui bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent inutilement (Ps 127.1).
Justement, à bien des égards, d’autres instructions très utiles les nous viennent du premier testament au sujet de la construction du Temple. Nous apprenons qu’il revenait à l’un des fils de David, Salomon, de bâtir cette « maison qui devait élever très haut le nom et la splendeur du Seigneur ». Or Salomon, était « jeune et faible » (1 Ch 22.5). Aussi, David qui avait l’initiative du projet s’empresse-t-il de faire des préparatifs en ressources matérielles et humaines. Mais ce que nous retenons surtout, c’est l’encouragement spirituel qu’il prodigue à Salomon. Il lui dit : Le Seigneur Dieu, mon Dieu, sera avec toi ; il ne te délaissera pas, il ne t’abandonnera pas, jusqu’à ce que soit achevé tout l’ouvrage pour le service de la maison du Seigneur (1 Ch 28.20).
Il est intéressant de souligner la similitude entre ces propos et les promesses faites autrefois par Dieu à l’un de ses élus, Jacob, qui se trouvait, lui aussi, en situation particulièrement délicate. Jacob venait, en effet, de recevoir de son père Isaac « la bénédiction d’Abraham » (Ge 28.4), mais il doit fuir la colère de son frère Esaü qui se considère lésé dans cette affaire. En chemin, un rêve étrange l’amène à prendre conscience de la proximité du Seigneur. Il entend ceui-ci l’interpeller et lui révéler son projet, en concluant : Vois ! Je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras…car je ne t’abandonnerai pas, jusqu’à ce que j’aie accompli ce que je t’ai dit (Ge 28.15). Le « Dieu redoutable » s’est donc attaché à lui et règle désormais le cours de son existence.
Dans ces deux paroles prophétiques, adressées à Salomon et à Jacob, le verbe accomplir ou achever apparaît comme l’élément fondamental qui définit l’orientation de l’action divine. Dieu entreprend toujours ses œuvres avec la résolution de les parfaire. Voyez la création achevée avec éclat ! De même, il peut « sauver parfaitement ». A tous les niveaux, il sait intervenir efficacement en vue de la réalisation de ce qu’il a dit ou projeté. Il va opérer aussi sûrement, non seulement à travers ses « ouvriers », ceux qu’il appelle à travailler avec lui, mais également à chaque étape de « l’ouvrage » qui se construit. Ainsi, le Dieu de la constance et du réconfort (Rm 15.5) assume d’une part, la fragilité de ses serviteurs, les encourageant, les affermissant et les transformant, d’autre part, il veille sans relâche sur l’évolution harmonieuse de son œuvre, lui donnant de l’accroissement et assurant son plein achèvement dans la gloire.
Esaïe connaissait et appréciait les vertus de ce Dieu qu’il désignait comme Dieu de pérennité. Face à ses compatriotes qui se plaignaient d’être négligés par le Seigneur, il affirmait que Dieu ne s’épuise ni ne se fatigue ; son intelligence est insondable. Il donne la force à celui qui est épuisé, il augmente la vigueur de celui qui est à bout de ressources (Es 40.28, 29). De même, Paul se confiait dans la constance providentielle quand il affirmait aux Philippiens éprouvés : Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous une œuvre bonne en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour de Jésus-Christ (Ph 1.6). Car l’Apôtre connaissait personnellement son Seigneur. Il pouvait témoigner à son sujet : Je sais en qui j’ai placé ma confiance, et je suis persuadé que celui-là a le pouvoir de garder ce que je lui ai confié jusqu’à ce jour-là (2 Tim 1 :12).
Encouragés par ces témoignages, nous aussi, nous avons certainement tout lieu de compter fermement sur celui qui nous a connus, choisis, appelés à son œuvre et établis dans sa communion. Sa loyauté et sa force agissante sont suffisantes pour mener à terme tout projet qu’il a conçu en notre faveur. Il est celui qui dit et exécute, qui promet et qui tient parole. Et que dire de sa victoire sur la mort ? Elle nous donne la preuve que rien ne peut entraver ses desseins bienveillants. Il est le commencement et la fin !
