La prière n’est pas un acte «magique». Elle ne procède pas par des incantations qui exerceraient une influence sur Dieu ou qui auraient des effets sur les autres et sur les événements. Pourtant, en réponse à la prière de la foi, Dieu agit et les choses bougent ! (Jc 5.15) Nous comprenons alors que l’apôtre Paul, et surtout Jésus lui-même, aient pu recommander à tous les croyants la prière persévérante, en lui accordant une entière vigilance (1Th 5.17 ; Luc 18.1).
Toutefois, dans la pratique de la prière, il y a certains aspects qui paraissent mystérieux, voire contradictoires. Ces paradoxes, si nous les ignorons, peuvent nous désarçonner et nous plonger dans le découragement. Afin de vous tenir sur le qui-vive, (Col 4.2), je signale sobrement ici un exemple de ces éléments troublants.
Supposons que vous vous trouviez face à une situation difficile ; vous prenez la décision de recourir à la prière. Vous avez confiance en Dieu et vous vous appuyez sur ses promesses. En prenant comme illustration la délivrance des Israélites de leur servitude en Égypte, voici le scénario étonnant qui risque alors de s’offrir à vos yeux.
D’abord, comme Moïse et Aaron, vous commencez par accueillir l’annonce des décisions souveraines et les promesses indéfectibles de Dieu. Elles sont rassurantes : Va, réunis les anciens d’Israël et dis-leur :…J’ai décidé d’intervenir en votre faveur, à cause de ce qu’on vous fait en Egypte et j’ai dit : «Je vous ferai monter de la misère d’Égypte… vers un pays ruisselant de lait et de miel ». (Ex 3.16, 17)
Or dès que vous vous mettez-vous à prier et à agir, voilà que la situation semble plutôt s’aggraver ! Dieu lui-même vous avertit que cela ne va pas être facile. Il l’a dit à Moïse : tu entreras, toi et les anciens d’Israël, chez le roi d’Égypte ; vous lui direz : « Le Seigneur, Dieu des Hébreux, s’est présenté à nous ; et maintenant, il nous faut aller à 3 jours de marche dans le désert pour sacrifier au Seigneur, notre Dieu. Mais je sais que le roi d’Égypte ne vous permettra pas de partir, sauf s’il est contraint par une main forte. » (Ex 3.18-19)
Cependant, si vous maintenez le cap, en gardant la foi du début, fondée sur les déclarations de Dieu, si vous persévérez, sans énervement ni panique, si vous respectez la Majesté de Dieu en affirmant comme Paul: Je sais en qui j’ai cru (2Tm 1.12b), alors il interviendra merveilleusement en son temps, selon sa parole : J’étendrai donc ma main et je frapperai l’Égypte avec tous les miracles que je ferai au milieu d’elle. Après quoi, il vous laissera partir ; j’accorderai à ce peuple la faveur des Égyptiens ; et alors, quand vous partirez, vous n’aurez pas les mains vides. (Ex 3.20, 21)
Ainsi donc, dans tout cela, ce n’est pas vous qui aurez renversé les obstacles en manipulant Dieu ! Mais vous lui avez obéi, vous reposant sur ce qu’il est : C’est Moi, le Seigneur qui ai parlé et agi (Ez 37.14). Souvenez-vous aussi de la grande délivrance qu’il a opérée en ressuscitant Jésus-Christ. Alors, restez fermes dans la prière, confiants, non pas en vous-mêmes, mais en ce Dieu plein de bonté et de fidélité, lui qui déploie sa puissance en faveur de ceux qui espèrent en lui (Ps 147.11). Oui, Si de ta bouche tu confesses que Jésus est Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé (Rm 10.9)
Jean-Charles MAURICE
Pasteur – Membre Consultant
