Sa venue est aussi certaine que celle de l’aurore

Osée 6.3

Une fois de plus, entendez et recevez cette belle parole ! Elle est claire et sans appel : Sa venue est aussi certaine que celle de l’aurore. Or cette proclamation, notez-le aussi, est étroitement liée à la déclaration qui la précède : connaissons, cherchons à connaître le Seigneur (6.3a). Il apparaît ainsi qu’une connaissance véritable du Seigneur nécessite une rencontre : sa « venue » illumine pleinement et révèle la gloire de sa personne. Car nous pouvons toujours recueillir nombre d’informations au sujet de Dieu, mais pour le connaître vraiment, rien n’égale une entrée en relation avec lui. Un face à face, une proximité et une fréquentation régulière conduiront à une intimité certaine.

A plusieurs reprises la Bible rappelle l’impératif d’une relation vivante avec le Seigneur en recherchant continuellement sa face. Pratiquement, il en coûte d’accomplir ce commandement, car il faut renoncer à nos préoccupations personnelles, tourner le dos aux sollicitations du monde et consacrer du temps à Dieu. Mais n’oubliez pas que dans cet « entraînement spirituel » le Seigneur vous précède toujours ; c’est lui qui vous a invité à vous approcher de lui : Cherchez ma face (Ps 27.8). Alors cela change tout ! Votre part est de répondre à son appel en lui faisant confiance.

L’obéissance à cette exigence n’est pas futile ; elle s’appuie sur un fondement bien établi : la miséricorde de Dieu. En effet, le Seigneur secourable n’a jamais cessé de rechercher l’homme pécheur qui pourtant s’était détourné de lui pour suivre une voie de perdition. Toute l’Écriture est traversée par l’heureuse annonce de sa « venue » ; elle nous y prépare et nous enjoint à attendre avec persévérance. Le Seigneur a fixé le moment de ce rendez-vous et nous assure qu’en aucun cas notre espérance ne sera déçue : celui qui doit venir viendra ; il ne tardera pas (Hé 10.35-37), car celui qui a fait la promesse est fidèle (Hé 10.23).

Mais que pouvons-nous espérer de sa visite ? Qu’en savons-nous ? Assurément, quand Dieu vient vers le malheureux, c’est pour « prendre soin de lui », changer sa condition misérable, le délivrer (Lc 1.68). Dans notre passage, d’Osée parle d’une nation en souffrance, affligée physiquement et moralement, spirituellement éteinte, qui aspire à un relèvement total, à une résurrection (Os 6.1, 2). À juste titre, celui qui doit venir est comparé au soleil levant qui chassera les ténèbres et tout agent de tristesse ou de mort. Il vient aussi comme une ondée bienfaisante qui descend des cieux pour accomplir la mission divine : féconder et faire germer la terre, donner du pain à l’affamé (Es 55.10). En venant ainsi vers nous, avec grâce et gloire, Dieu se fait connaître : Il est amour.

Peut-être vous trouvez-vous dans une situation insupportable qui semble perdurer. Vous avez besoin d’une lumière libératrice, vous avez soif d’une eau rafraîchissante et revigorante ; mais apparemment cette restauration reste éloignée, la lassitude vous atteint. Or la parole d’aujourd’hui est formelle : elle est certaine, la venue de celui qui doit venir. Souvenez-vous de la déclaration du Seigneur au sujet de la pertinence d’une prophétie : C’est encore une vision pour le temps fixé, elle aspire à son terme, elle ne mentira pas. Si elle tarde, attends-là, car elle se réalisera bel et bien, elle ne sera pas différée (Ha 2.3). Ranimez donc encore et encore votre patience !

Avant tout, sachez que le Seigneur est proche de ceux qui ont le cœur brisé (Ps 34.19). Chaque fois que vous lisez sa Parole, chaque fois que vous êtes en prière, il vient vraiment vers vous. Ayez donc conscience que là, dans le secret, une « rencontre » intime s’établit entre votre Père et vous. Le psalmiste témoigne comment, dès l’aurore, il entrait dans cette « présence », avec simplicité et respect : « Seigneur, le matin tu m’entends, dit-il, le matin je me présente à toi et je guette » (Ps 5.4). D’autres traduisent : le matin, je prépare tout pour toi et j’attends… N’est-il pas réjouissant de savoir que le Seigneur attendait déjà son serviteur, avant la requête celui-ci ? Il vous attend aussi.

Cela étant, votre dévotion ne saurait se limiter à une démarche purement individuelle ; elle doit s’intégrer naturellement à une opération communautaire. Car nous formons un même corps, dont tous les membres partagent la plénitude du Christ (Ep.1.23). Le livre des Actes rapporte que les premiers croyants, sitôt convertis au Seigneur, participaient spontanément et avec assiduité aux activités cultuelles de l’Église naissante (Ac 2.42). Régulièrement, d’un commun accord, ils faisaient mémoire de la mort et de la résurrection de leur Maître, ils s’encourageaient mutuellement dans l’espérance de sa seconde venue ; ils proclamaient : Le Seigneur vient ! ou encore : Viens, Seigneur Jésus ! (1Co 16.2).

Nous aussi, nous attendons avec certitude cet avènement du Seigneur dans la gloire. Mais nous croyons aussi qu’il nous visite sans cesse entre ses deux « avènements ». Il est celui qui est, qui était et qui vient. Aussi, à l’acclamation : le Seigneur vient ! il est juste de joindre l’affirmation : le Seigneur est proche. Oui, il est là et agissant au milieu de nous, le Ressuscité. Demeurons dans l’expectative et demandons instamment à notre Père de nous donner un esprit de sagesse et de révélation qui nous le fasse (re)connaître (Ep 1.17).

Maurice JEAN-CHARLES

À propos de l'auteur : Maurice Jean-Charles