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Le Christ a aimé l’Église
Ep 5.25
Et si nous changions notre regard sur l’Église ?
L’annonce des relations de Dieu avec les humains demeure une révélation bouleversante : Dieu s’est montré ami des hommes (Tite 3.4). Dans l’Écriture sainte plusieurs exemples illustrent ces rapports : celui d’un souverain à ses sujets, d’un maître à son serviteur, d’un berger à son troupeau. Dans tous ces cas, une dépendance tacite ou explicite d’un des partenaires vis-à-vis de l’autre, subsiste concrètement.
Mais l’union conjugale est évoquée pour désigner la relation particulière qui unit Dieu et son peuple. Cela concerne justement le Christ et l’Église. Ici, cependant, ce n’est pas la dépendance d’un des conjoints qui est mise en relief. L’attention est portée sur l’humilité de l’époux, le « chef » qui se fait « serviteur » en vue du plein épanouissement de son épouse. Car selon l’Evangile, le plus grand est celui qui sert (Lc 22.27) ; il fait passer les intérêts des autres avant les siens. Voyez en effet ce que nous dit la lettre aux Éphésiens :
Le Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle ;
Il a voulu ainsi la rendre sainte en la purifiant avec l’eau qui lave et par la Parole ;
Il a voulu se la présenter à lui-même splendide, sans tache ni ride, ni aucun défaut ;
Il a voulu son Église sainte et irréprochable (5.25-27)
On ne saurait trouver de déclarations aussi profondes, aussi belles, aussi fortes ! Étroitement liées entre elles, deux réalités, pourtant décalées dans leur temporalité, sont signalées en peu de mots, mais avec vigueur. L’une, d’abord invisible, subsiste avant les temps : c’est l’amour éternel de Dieu pour nous en son Fils. L’autre se manifeste dans la dernière période de notre histoire : c’est l’expression de cet amour par l’immolation sur la croix et la résurrection de ce Fils unique.
Ainsi, les affirmations de l’apôtre révèlent l’intervention magnanime du Christ en faveur de celle qu’il a choisie et appelée du milieu de ce monde. Sans doute, nos yeux de chair ne perçoivent-ils pas toujours l’Église dans sa splendeur ; ce que nous constatons semble contredire ce qui est écrit. De plus, l’Accusateur s’emploie à nous faire découvrir chez nos frères (et en nous-mêmes) les imperfections du notre ancienne nature déformée par le péché.
Et pourtant, le Seigneur est à l’œuvre dans l’Église. Après l’avoir rachetée, le Christ la purifie et la consacre, la préparant ainsi à un événement prochain : les solennités nuptiales. Dans ces temps où nous sommes, il s’applique à la rendre sainte et irréprochable. Pas question d’une simple retouche ! L’action du Seigneur se veut profonde, novatrice, créatrice ; l’Église n’est pas seulement sauvée du péché, elle est l’humanité ressuscitée avec son Seigneur !
Ne considérons donc plus ce qui est ancien ; le Vivant est en train de faire du neuf qui déjà bourgeonne ; ne le reconnaîtrons-nous pas ? (Cf. Es 43.18, 19). Soyons enthousiasmés par cette heureuse nouvelle ! Méditons les conséquences de ce « grand mystère », l’alliance de Christ avec l’Église : l’un et l’autre ne sont plus deux, mais un (Ep 5.31, 32). L’Époux, en qualité de Fils de Dieu, gratifie son épouse de ses vertus personnelles, incomparables. Il la rend participante de sa nature, car elle est son propre corps ! Il a livré sa vie pour elle à la fois comme une rançon et comme une parure ; il s’est dépouillé pour la vêtir somptueusement ; il s’est appauvri pour l’enrichir ; il s’est sanctifié lui-même, afin de la sanctifier (Jean 17.19).
La réalité offerte à notre foi, c’est l’amour constant et débordant du Christ, aussi bien pour l’Église dans sa « globalité », que pour chacun de ses membres dans sa singularité. La beauté de l’Église se dévoile en effet à cette ultime étape : sa « perfection », c’est-à-dire son accomplissement, ayant atteint sa maturité. Du coup, l’accroissement de l’ensemble du corps, sous l’impulsion de la tête, intéresse la croissance de chacune de ses parties (Ep 4.15, 16). Ainsi, Paul avait le souci d’annoncer le Christ à chacun, avertissant et instruisant chacun en toute sagesse, afin de porter chacun à son accomplissement dans le Christ (Cl 1.28).
Enfin, remarquons que cette merveilleuse relation du Christ à une humanité choisie correspond au projet éternel de Dieu. Nous la trouvons mentionnée dès le début de sa lettre (Ep 1.3-9). On pourrait la comparer à un modèle et à une prophétie. Elle nous dit l’espérance certaine pour nos familles délabrées, pour nos communautés en guenilles, pour notre monde en faillite et pour la création qui gémit. Le dessein de Dieu est que tout soit sanctifié et transformé en Christ.
Changeons donc notre regard ! Ce que Dieu a déclaré pur, toi ne le regarde pas comme souillé, disait le Seigneur à Pierre au sujet de l’entrée des païens dans l’Église (Ac 10.15). Rejetons nos préjugés ! Ne prêtons pas l’oreille aux accusations du Malin. Si nous apercevons (ou « croyons » apercevoir) un défaut chez un frère ou une sœur, dans une famille ou dans une communauté, affirmons notre espérance : le Seigneur l’a pris(e) en charge pour l’amener à la maturité, à la perfection ; travaillons fidèlement à ses côtés, son chantier avance. À lui la gloire éternellement. Amen !
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